Moi décadent, j’aime à croupir dans la fange de mon enclos sous les vents alizés,
Moi décadent, je me couvre de la boue noirâtre de ma mare à canards à l’Elyzée,
Moi décadent, je me nourris des vers de terre pourris qui gigotent sous la dent,
Moi décadent, je gratte les pustules puantes qui couvrent mon corps ardent,
Moi décadent, je contemple les horreurs des charognes verdies dans la chaleur,
Moi décadent, je jouis du malheur de mes congénères dégénérés en pleurs,
Moi décadent, je ressasse inlassablement dans ma tête de piaf de noirs desseins,
Moi décadent, je jouis du bonheur des riches et du malheur des pauvres porcins,
Moi décadent, je vomis ma hargne et explose ma colère immonde à la terre entière,
Moi décadent, je croule sous le poids des cancans pas très francs en la matière,
Moi décadent, je me délecte de tous ces scandales qui ont marqué mon règne impuissant,
Moi décadent, je savoure quand je gruge les manants et me goberge avec les puissants,
Moi décadent, je ne suis pas à la peine avec tous les gars de la marine nationale,
Moi décadent, je survivrai même si, sur le fil du rasoir, je reçois une estafilade fatale,
Moi décadent, je suis prêt, pour conserver le pouvoir, à prendre père et mère à revers,
Moi décadent, je suis très étroit pour parvenir à seize et rester Maître de l’Univers...
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