Des mots crasse i
Le terme "démocratie" mérite de mettre le point sur le i de ce gros mot . Pour le Wall Street Journal, la France montre « les derniers symptômes d’une démocratie malade ».
La dernière période où ce mot était employé à tout propos et hors de propos, c’était le temps où les SMM (Staline, Marx et Mao) régnaient en maîtres absolus d’une pensée unique sur leur monde. Quand chacun d’eux, et leurs émules, ouvraient la bouche des mots crasse irruptaient de leur bouche comme des volcans libidineux. C’est bien pour cela que dans les facs de socio à l’époque, le sujet d’examen favori était « Freud et Marx ».
L’histoire de ce mot vaut donc d’être contée. .
Il était une fois… dans la Grèce antique, une cité heureuse, Thèbes, berceau de la DEMOCRATIE.
Dans cette cité où tous étaient « libres et égaux » se rencontraient trois catégories d’individus : les mâles adultes étaient « citoyens » et avaient droit de vote.
Les esclaves capturés pendant les innombrables guerres provoquées par cette cité démocratique étaient asservis aux tâches les plus dures et n’avaient bien évidemment pas le droit de vote.
Quant aux femmes, elles devaient se contenter de vaquer entre les lits et les fourneaux.
Essayez de trouver une seule autrice grecque !
Les mâles élisaient leurs représentants pour manager et ménager la ville.
Ils étaient au nombre de 28 et s’appelaient avec fierté les TYRANS.
Ces tyrans étaient tellement démocratiques, tolérants et ouverts que l’expression fut bâillonnée et les critiques déchus de leurs droits civiques, asservis à leur tour ou supprimés. Pour parler en public et critiquer cette société avancée que tous les manuels (sans e-) nous vantent, certains citoyens inventèrent la catharsis, jeu de rôle à l’ancienne qui permit de mettre en scène de façon théâtrale la vie, les amours et les soucis de cette cité exemplaire.
Mais le doute subsistait dans les têtes, et comme -de plus- les femmes n’avaient pas droit à cette libération par la parole, les joueurs mirent des masques sur le visage, autant pour interpréter différents personnages que pour ne pas être reconnus par leurs gentils tyrans et se retrouver ad patres. Le masque en latin se dit persona.
Et voilà comment notre personnalité se construit : à base de faux semblants et de tricherie. Quant à ce terme dont tout le monde se gargarise actuellement pour justifier la répression de la parole d’autrui, démocratie rime en fait plus avec hypocrisie pour les (h)uns, autocratie pour les vils, rassis pour les nostalgiques d’un ordre nouveau à l’antique, voire avec crash pour les adeptes des mots trash (hic) qui virent au tragique… qu’avec partage, respect, écoute et consensus pour tous ceux qui voudraient faire entendre leur voix et concourir à une cité harmonieuse où chacun obtient la place qu’il mérite (et a la possibilité de mériter) par son talent, ses compétences et ses efforts.
Des mots crasse, yeux pour pleurer la démocratie, ont donc besoin d’un sérieux décrassage avant de basculer à nouveau dans le totalitarisme qui se profile à l’horizon 2007, copie de 2001 matinée de 1968 où les voitures incendiées avaient permis à Charles de rafler la mise avec 75% des voix.
Certains connaissent bien l’Histoire de France. Joueraient ils avec le feu ?.
Cette maladie de notre démocratie, c'est peut être tout simplement la publigande, cette maladie téléphoïde qui altère la mémoire collective dès le plus jeune âge.
La zapette nous mène du toutouyoutou de Véronique (Sanson) et Dalila (Lumbroso) aux exploits de Sylvester Staline en passant par les contes d'Arthur et d'Andersen et les chansons tchétchènes de Vladimir Lenon... Il parait qu'en Espagne, ils ont même une zapette héros... Aurons nous, à notre tour, une Zapette Hera royale en 2007 ?
Rédigé par: E-manuel | 23 mars 2006 at 11h55