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21 mars 2006

Itinéraire d’un enfant maté !

Depuis tout petit, il créait des problèmes insolubles à ses parents.

Bébé, il avait échappé à la surveillance de sa nourrice et, alors qu’elle lui tendait un sein rebondi d’un lait garanti sans OGM (Orgasme Généreusement Mugissant), il le lui mordit jusqu’au sang.  Pendant qu’elle hurlait de douleur en le rejetant dans son berceau, il en profita pour saisir sa main et la poser sur son zizi qu’il avait fort vigoureux. Les parents alertés par les cris du chérubin  surprirent la nounou la main dans le sac de pampers : elle fut  illico invitée à faire ses valises.

Au jardin d’enfants, il reluquait sous les jupes de ses copines et la gardienne, épouvantée, devait lui parler à plat ventre pour éviter d’être vue par le garnement : elle ne pouvait pas rester debout ni accroupie en sa présence,  car elle ne portait pas de culotte. Surprise alors qu’il était à califourchon sur elle , le directeur vira séance tenante cette égérie soupçonnée de faire l’éducation précoce des petits garçons.

Quand il entra en maternelle les jeux créatifs  ne l’intéressaient que s’il pouvait faire peur à ses petits camarades. Ses dessins montraient les flammes de l’enfer, des scènes de torture et des ventres lacérés par de grands couteaux, des bras déchiquetés par des scies, des mares de sang...

Ses parents furent convoqués par le psy outré (trop même) qui interpréta les chefs d’œuvre du bambin  comme des signes de maltraitance et alerta  les autorités. Les parents écopèrent de trois ans d’emprisonnement.

Sa famille d’accueil fut rapidement épouvantée par le pouvoir de nuisance du gamin jusqu’à ce qu’ils retrouvent leur maison inondée au retour d’une  soirée chez des amis. La mémé n'en réchappa pas, noyée dans son lit.
Ses vrais  parents le récupérèrent alors,  mais n’osèrent plus lui parler de peur qu’il se plaignît (ni ni) auprès des autorités.

Quand le lycée flambant neuf qui l’accueillit flamba pour de vrai, en faisant une dizaine de morts, on incrimina l’architecte qui fut embastillé….

Bien sûr, on le retrouva aux premières loges quand il fut question d’affronter manu militari les CRS au quartier latin, dans la fumeuse histoire du CPE  en  mars 2006. Il s’en donna à cœur joie et figura en bonne place sur les photos prises par les caméras des journalistes.

Interpellé l’un des premiers, et mis illico en prison,  ses gentils camarades prirent fait et cause pour lui. Les media emboitêrent le pas et claironnèrent à l'envi jusqu’à sa libération.

Déclaré héros emblématique de la jeunesse de France, il fut porté en triomphe sur les Champs Elysées, jusqu’à l’ Arc  du même nom, où  il ralluma la flamme du soldat inconnu . Le Président le reçut en grande pompe, le  félicita , le bisouqua en lui remettant son ruban de la légion d’honneur.

Il fut élu maire de Paris quelque temps plus tard, tandis que le Premier Ministre de l’époque, dont l’histoire a oublié le nom,  dut présenter sa démission.

Selon des témoins dignes de foi, ce vil pin (si peu fin landais)  continuerait à  errer maintenant dans les corans d’air des  couloirs de l’Onu, à la recherche de Sa Damus Saint.

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Mais c'est l'histoire de Bertand!

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