Je, (200)7 & Match!
Dominique, en vrai maquignon, a profité de son statut de N°1 pour recevoir sur un terrain tout spécialement conçu pour lui, à Matignon..
Il vient de servir un ace .
Il n’a même pas eu besoin de monter au filet : la partie était pliée.
Il sait pourtant que sa balle est déclarée « faute » par le Club des Cinq .
Mais il s’empresse de faire une déclaration à la presse accompagné du p’tit Lolo, son porte baise-en-ville, béat d’admiration. Voici, en exclusivité, l’essentiel de ses propos :.
« Moi, je suis très content , tout se passe bien, j’ai bien joué et je continue cette Consternante Partie d’Embrouilles avec le Club des Cinq .
Nous avons trouvé un objectif commun : mon avenir dans la compétition.
Demain (aujourd’hui, samedi, NDLR) j’ai tiré au sort les plus petits et je vais en faire une bouchée, ils ne sont pas de taille. Je crois même qu'ils vont se dégonfler et je vais gagner par forfait. Moi, j’ai affronté G.W.B chez lui à New-York et j’ai obtenu un super match à Bagdad grâce à mon lob.
Auparavant toute ma carrière a été construite avec un super-entraîneur. Pensez donc : dix ans pendant JC. On arrivait à se faire six mille balles par jour, rien qu’en frais de bouche. J’avais quelques beaux restes à l’époque. J’ai donc été entraîné avec des balles qui étaient de vrais caviars.
Tous ces matchs me font un excellent entraînement, mais ces sparring partners ne sont décidément pas à ma hauteur.
En plus les jeunes sont à peine issus des qualifications, la plupart sont tout juste sortis de leurs bacs à sable, les autres n’ont pas leur bac et ne l’auront jamais. Leurs déclarations à la presse, en balbutiant et ânonnant, cassent leur image et renforcent la mienne. Tout va bien.
Le Club des Cinq n’a rien vu venir et ils ont un service trop mou pour m’inquiéter. Je monte au filet, je smashe et j’envoie quelques balles en or dans les tribunes pour récompenser les agriculteurs, quelques autres en argent pour les éleveurs de volailles. Quant aux seniors, ils sont tous acquis à ma cause . Avec eux je joue petit bras, tout en souplesse.
Quand une balle égarée par l’adversaire casse une vitrine ou défonce une voiture, le match devient à sens unique. Plus les adversaires du jour sont coriaces, plus je m’aguerris pour remporter le tournoi.
Car le vrai match c’est la finale avec Nicolas. Les escort boys casqués de mon pote de la sécurité sont pris entre deux feux -si j’ose dire- : s’ ils cognent trop fort, Nicolas se met à dos les étudiants et leurs parents ; s’ils laissent faire les casseurs, mon pote se met à dos tous les autres qui ne veulent pas voir leurs bagnoles brûlées et leurs biens saccagés.
Et qui porte le chapeau ? Le petit Nicolas pardi ! Pas facile de gagner un match quand vous êtes hué par la foule. Ca me rappelle un match en Indochine. Nicolas est dans la cuvette : je vais le pilonner de balles avec mon coup droit qui va le mettre à la peine. Quand il aura bien mariné, j’ai un bon lift à gauche aussi.
Et après, en 2007, quand je serai champion, je tire la chasse d’eau ! Si c’était de la pétanque, je dirais qu’il embrasse Fanny !
Donc je joue dans un fauteuil.
Reste à jouer au fond du court en relançant, patiemment.
Je sais faire, ils se lasseront avant moi. »
la vie rêvée du loft à Matignon
Rédigé par: nicolas | 28 mars 2006 at 01h43