Poche de claques!
Les journaleux suivent des cours spéciaux pour trouver des titres choc .
Une fois trouvé le titre, reste à accommoder les événements de l’actualité, vomis par une ligne de l’AFP, au jeu de mots réalisé dans le titre. Exemple
Quand l’actualité de Paques est moribonde avec la mort du CPE, faut quand même appâter le lecteur et scorer à l’audimat.
Le titre « Cloches de Pâques » n’est pas très vendeur et si « une info est une rupture » avec ce que le lecteur sait déjà, c’est loin du scoop. Cependant faut rester en contact avec le calendrier et lui faire un clin d’œil pour que tout le monde comprenne
Essayons donc l’anagramme POCHES DE CLAQUES ou Claques de poche
On prend les mêmes lettres et la même sonorité et cela donne le titre d’un fait divers.
Reste à lui donner du corps. Par exemple :
A Roubaix, les familles se réunissent pour le jour de Paques et célèbrent la tradition à leur façon . Les enfants se cachent dans le jardin, dans les massifs de fleurs, derrière les arbustes, dans les buissons ou en haut des arbres.
Quand les parents les trouvent, ils leur mettent une paire de claques et certains vont même jusqu’à leur remettre une poche de claques. Les enfants hurlent et les voisins rigolent. : bien fait pour eux, ces sales mioches braillards !
Un jour, l’un d’entre eux (le mioche ou le voisin peu importe) porte plainte (chut, il door).
Les gendarmes enquêtent et les magistrats du Nord dont on connaît maintenant la compétence et la subtilité du psy qui les sert depuis un certain carnaval médiatique, officient un peu ou trop parfois.
Les enfants sont auditionnés et une question en amenant une autre :
« Tes parents t’ont frappé, n’est ce pas mon petit bonhomme ? » demande le binoclard.
- Euh oui » répond le gamin
« Et , est ce qu’ils ne t’auraient pas touché par hasard ? »
- Euh non, pas par hasard, plutôt par là, Msieur !»
- Là, par exemple mon petit ? dit le binoclard en montrant un doigt bien ongulé
- Euh, oui peut être, mais son doigt était plus gros que le vôtre »
- Donc tu confirmes : ils t’ont touché avec des mains pleines de gros doigts , c’est bien çà ?
- Euh, Oui Msieur…
- Combien de fois ? Une fois …deux fois… »
Le temps que le gamin récite les chiffres qu’il a appris, l’interrogateur a déjà compté jusqu’à dix et il entend le gamin dire « oui c’est cà ! ». La roue s’arrête comme au keno.
« Donc c’est bien cela, au moins dix fois, peut-être plus… »
Et alors la mécanique s’emballe. Entre le flic, le magistrat et le psy le gamin a apppris à compter jusqu'à trente, quarante ou cinquante. Les journaleux reprennen le scoop.
On vient d’en voir le résultat dans deux affaires récentes.
Stupide me direz vous ? Voyons voir !
Avec le titre « Cloches de Pâques » l’histoire eût été légèrement différente mais tout aussi stupide. Par exemple :
A Douai, les familles se réunissent pour le dimanche de Pâques et cachent dans les massifs de fleurs, derrière les arbustes, dans les buissons et en haut des arbres des œufs de Paques distribués par les cloches retour de Rome. C’est en tout cas ce que l’on fait croire aux enfants qui se précipitent pour trouver les œufs
Cette histoire est-elle moins stupide et plus rationnelle que la précédente ?.
On pourrait aussi essayer un autre anagramme : Cloques en poches. Vous imaginez ?
Non, n'insistez pas ce sera pour une autre fois!
Ce serait encore une autre histoire. Aussi lamentable que les histoires précédentes et beaucoup moins rigolote que la dernière et pourtant bien réelle
La morale de ces histoires de titres : yena qui méritent vraiment des claques !
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