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10 avril 2006

Vol au dessus d'un nid de cocus

Vol

Alors que je me promenais comme chaque jour à l’aube,  sur le campus de la fac de sciences avec Pifuit qui en profitait pour s’ébattre dans le lac du parc en compagnie de ses congénères, et après qu’il eût honoré la belle cane qui lui était promise,  mes oreilles furent assourdies par un épouvantable vacarme de roulements.


Hâtant le pas, suivi de Pifuit, mi-dandinant mi-voletant,  je vis une colonne de chars se diriger vers l’autre extrémité du campus. Ni tram ni auto sur tout le parcours. En courant à travers le domaine universitaire, j’arrivais à proximité de la fac de lettres.


Des chars avaient pris position à tous les carrefours stratégiques pour en interdire l’accès.  Une trentaine de bus s’était rangée sur la voie du tram séparant ainsi les deux facs qui la jouxtent, lettres et droit. Les centaines de  militaires qui en avaient dégueulé formaient un cordon armé positionné tous les dix mètres autour de la fac de lettres.


Les premiers rayons du soleil se frayaient un passage entre les nuages de ce lundi de Pâques  quand un  autre vrombissement descendit du ciel. Ce n’étaient pas des cloches retardataires  revenant de  Rome, mais bien une demi-douzaine d’hélicoptères de combat que je reconnus aisément, puisque je les avais connus quand je travaillais pour Eurocopter.


Le coin-coin de Piffuit était coupé depuis longtemps. Eberlué, avançant le cou par saccades et remuant frénétiquement la queue, il regardait comme moi les hélicos stationnés au dessus des entrées de la fac de lettres. De chacun d’eux descendirent, comme au cinéma, une dizaine d’hommes tout de noir vêtus, fusils en bandoulière et visages cagoulés.


Ils eurent tôt fait de déloger la poignée d' ahuris qui occupaient les lieux depuis deux mois, ces grands démocrates qui interdisaient la parole de l’immense majorité des autres étudiants sous un feu nourri d’injures et d’insultes lors des AG  Certains de ces bloqueurs  m’avaient dit qu’ils voulaient devenir, comme leurs aînés, directeur de marketing ou de communication en m’escortant à mon bureau pendant ces semaines de blocage. A moitié endormis, hébétés et incrédules tant ils étaient sûrs de leur impunité, tous furent embarqués dans des fourgons pour une destination inconnue.


Dans le bâtiment administratif, le Président, qui s’était signalé au Préfet en commandant une voiture de fonction plus belle que la sienne, était à son tour emmené manu militari par les hommes en noir. Cette espèce d’ Hindou, né à Pondichéry, après avoir fait carrière aux Antilles, avait voulu jouer les durs en jetant de l’huile sur le feu. Il avait  remis les clefs de la fac aux bloqueurs lors de sa première apparition publique, deux ans après son élection, occupé jusqu’alors par ses nombreuses missions dans sa ville natale. Il s’était ensuite fait taper sur ses doigts de boudha par ses collègues présidents qui avaient encouragé la reprise des cours depuis des semaines.


En démagogue confirmé, il avait bien essayé de tourner casaque pour rectifier le tir et obtenir sa rédemption. Il avait dû mettre en place la réorganisation des examens et une semaine de rattrapage auxquelles  il travaillait ce week-end de Pâques en léchant une lettre d’information personnelle  aux 16 000 étudiants dont il avait compromis l’année. Cela n’avait pas suffi à calmer l’ire rationnelle du préfet.


Les chars restèrent  en position ainsi que les cars de la police. Aucun étudiant ne s’aventura en cette journée à traverser le campus, pas davantage  les autres jours jusqu’au retour des  vacances.


Dès le lendemain, les personnels de service purent remettre la fac en état, nettoyant et effaçant les graffitis inscrits dans les toilettes où l’on pouvait lire quelques rimes dignes des bloqueurs : « Parisot à l’échafaud » côtoyait « Villepin  crétin ».


Dès le lundi suivant, les cours de rattrapage purent ainsi reprendre sous la protection des séides du Ministre de l’intérieur,  à la grande satisfaction de la population…qui fourbissait ses bulletins de vote pour récompenser leur sauveur lors d’élections qui furent  anticipées..


Je me réveillais en sursaut : vrrrrrroum. Mon sèche linge vrombissait à tout va…. Ah ce n’était qu’un songe !


Il était temps que je me lève pour aller chercher les œufs que les cloches avaient certainement répandus dans mon jardin en ce jour de Pâques jusque dans l’enclos de Piffuit….


J’allumais la radio : on annonçait l’évacuation musclée d’une fac de lettres au petit matin…

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Voici les sites qui parlent de Vol au dessus d'un nid de cocus:

Commentaires

Ne dit on pas que la force c'est ce qui reste aux faibles ?!

Et depuis le début ce gouvernement passe tout en force.

Où est le dialogue ?

Les mouvements actuels sont la conséquence de l'inconséquence de ces vieux beaux vomissant d'orgueil, zèlés à faire les yeux doux aux grands patrons pour financer leurs campagnes électorales.

Ce grille pain est puant comme son nabot frère ennemi du peuple.

Pour nous, c'est quoi perdre une année quant une vie entière se joue... car là c'est bien le lit de la précarité qu'on formalise dès aujourd'hui avec cette loi de soumission.

Et oui, pour les quelques fayotes et fils à papa, normal qu'on dérange leurs petits plans sur la comète ... alors qu'ils finiront plus tard par perdre leurs illusions pour survivre eux aussi dans l'anonymat.


Après des lois liberticides comme le permis à points, les radars automatisés qui contestent même le droit à/de l'erreur, la carte d'identité bionique, le dépistage des criminels dès la maternelle, davsi pour contrôler nos échanges sur le net & avec nos appareils de salons dûment achetés et 100 fois taxés déjà pour la copie... etc.

Maintenant on s'attaque à notre avenir, au droit du travail, pour favoriser l'élite des grands patrons & autres institutions financières, bourses et consorts(ium) ... qui ont pour sbires des politiques sans foi, ni loi, carriéristes et corrompus.

Et le meilleur du best off de leurs arguments, ils osent le dégueuler... "c'est pour notre bien !" ... à la bonne heure.


Ce monde va imploser d'une maniere ou d'une autre ... cette fois c'est sûr ! Comment une économie pourrait elle fonctionner si la moitié est à la rue ??? et l'autre surtaxée pour combler le déficit des absents ???

Les plus riches avec nos politiques usent et abusent d'arrogance ... pour eux c'est facile en effet, il vivent dans l'opulence de nos deniers et autres détournements de fonds !!!

En attendant désolé pour vous, mais votre tryptique quotidien : metro-boulot-dodo, on y mettra assurément des bâtons dans les roues, et aussi à tous ceux hypnotisés par les affirmations de cette télé déniederéalité : ultime appareil politique où là aussi on ne voit que des journaleux, autres directeurs d'antennes et starlettes privilégiés ... tiens donc.

Mais il suffirait d'éteindre ! ... et accessoirement, allumer ailleurs pour que cela change vraiment.
Une vie sur le fil ... nous y contraint fortement un peu plus chaque jour.

Le cpe est l'arbre qui cache toutes les autres lois promulguées comme des décrets et sans débat afin de mieux nous pourrir pour nous racketer encore. C'est l'argent toujours pour de l'argent.

L'etat macro. Et nous les sardines au tapin.
Ce régime a forcement une date limite de conservation !

Exact cher moutard en colère!
nous avions les mêmes maux et mots pour maudire!
Or où en est la pédagogie intelligente et interactive réclamée en ce temps là, qui forme des mecs communicants et des mèches intelligentes capables de changer le monde ?

Texte très sympatique, bien formulé, et qui aurait pu ( du ? ) devenir réalité :-)

Tiens cette fois, je vais prendre la balle au bond pour smatcher et dire que je suis assez d'accord sur le fait que la/les notes ici sont tellement sympatiquement bien formulées que personnellement je n'ose même pas y répondre de peur de faire tâche.

Par contre pour la mise en forme parfois il manque un rien pour que ce soit plus lisible donc intelligible(pour moi bien sûr).

Bonne continuation !

Ces notes ne sont pas seulement du vil pin des landes pour déconstruire l'actualité fournie par la publigande (association du politique et du journaleux pour nous faire gober une bibine infâme par les yeux et les oreilles).
Elles doivent fournir matière (et aujourd'hui) à contestation, à se lâcher de la part de lecteurs sympas ou pas , ouiouistes, nonistes ou ouistitis.
Il s'agit de se faire plaisir en jouant avec les mots car, de toutes façons, nous n'aurons jamais le dernier dans l'univers du métro-boulot-dodo-zappo imposé au plus grand nombre.

Il est rigolo le bushido ... mais j'ai rien compris ;-)

aïe, aïe, c'est pas grave : l'oignon fait la farce!

Bien vu! C'est arrivé à Lille aujourd'hui !
A qui le tour ?

...et bientot à Bordeaux où le président n'a pu empêcher une motion pour voter la démission du gouvernement alors que les IATOS à moitié terrorisés par les maos font face à leurs obligations sans un regard de la part de leur hiérarchie .

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