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13 mai 2006

Est-ce que lavage plus blanc ?

Plusblancquenoir

Tout le monde chante les louanges de la fin de l’ex lavage des noirs  (on disait nègres) et la liberté de tous au sein du triptyque « égalité, liberté, fraternité ». Certains esprits chagrins font remarquer qu’il existe encore des enfants esclaves sur les cinq continents, que la traite des blanches remplace celle des noirs et que nombreux sont ceux qui n’ont d’autres choix que de vivre dans des conditions que les esclaves purs et durs du 19 ¨siècle auraient envié.


Gloire donc à Shoelcher et à Voltaire qui était aussi un armateur négrier. Tout est bien dans le monde comme ce qu’il doit être, comme dirait Pangloss..


A y regarder de plus près, l’abolition de l’esclavage correspond à l’essor de la révolution industrielle au milieu du 19° siècle. La traite des noirs ne fournissant plus assez de main d’œuvre pour les maîtres de forges, les usines à tissage et les mines de charbon, il a fallu trouver une main d’œuvre plus abondante.


Le trait de génie a été, pour les possédants de ce monde d’alors, d’abolir l’esclavage visible afin de pouvoir recourir à une main d’oeuvre extraordinaire à qui a été fournie du travail :  hommes, femmes et enfants murés dans des ghettos autour ders fabriques et travaillant seize heures par jour, tous les  jours hors les fêtes votives. L’esclavage, politiquement correct et pudiquement invisible, du salariat (juste de quoi survivre) était né. Les conditions ont été dénoncées alors par Vuillermé tandis que Paul Laffargue  revendiquait « le droit à la paresse ».


Cela dura  (sed lex, dura lex) jusqu’à l’arrivée de Taylor qui a menotté (parfois au sens propre d’ailleurs) les ouvriers dans des temps et des mouvements parcellisés pour augmenter la cadence de ces paresseux. Le dimanche n’est intervenu comme jour férie qu’au début du 20° siècle .


Dans cette histoire, l’esclavage a été renforcé  et non supprimé. La seconde moitié du dernier  siècle a fait encore mieux . elle a ficelé chacun dans un système de consommation toujours  renouvelée où le gaspillage des matières premières le dispute à l’étalage indécent de marques qui n’apporte rien de plus  que de renforcer l’exploitation des pays pauvres par les nantis et de creuser le fossé entre ceux qui les étalent et ceux qui s’étiolent..


Plus fort encore, le boom de l’immobilier et la passion de la possession enchaînent chaque couple dans un crédit qui est passé de 20 à 35 ans pour cohabiter sur quelques mètres carrés de logis à soi.


La pub insiste et martèle à chaque instant que sans cette consommation frénétique il n’y a point de salut ici bas, Ainsi, il faut avoir la dernière nouveauté, changer, renouveler après avoir jeté des gadgets frelatés montés comme des blancs en neige et devenus des objets indispensables de plus en plus fragiles et irréparables.


Est-ce que le lavage des cerveaux blancs remplace l’esclavage  des mains noires d’autrefois ? Qui s’en soucie dans un espace devenu éminemment démocratique  confisqué par des tyrans sans scrupules mais qui auront des comptes à rendre un jour ? Leur rire jaune montre déjà toute la bile nippone ni mauvaise qu’ils se font déjà.


Rappelons une statistique. En 1850 un économiste, Wilfrid Pareto avait déterminé que,  en France, 80% de la richesse nationale était détenue par 20% de la population. Un siècle et demi plus tard, ces chiffres restent inchangés. L’esclavage est toujours présent, il a seulement changé de forme. L’esclavage  lave plus blanc que noir .


On nous fait croire  en notre libre arbitre pour mieux nous ficeler. Manipulation suprême de la publigande pour près d’ milliard d’entre nous alors que les 5, 5 milliards restants n’ont d’autre choix que d’être esclaves de leur condition : être né au mauvais endroit.


Commémorons donc la fin de l’esclavage : au train où vont les choses, c’est pas pour demain.

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Voici les sites qui parlent de Est-ce que lavage plus blanc ?:

Commentaires

Mamadou prend sa revanche au bistro quand Marcel prend un petit noir, Mamadou avale un petit blanc

Et que dire des millions de bonnes, blanches séduites dans le noir par leurs dignes patrons,
des jaunes qui devaient faire risette dans les rizières, des rouges massacrés par des cow boys yankees, des enfants du monde qui travaillent comme des nègres pour 3 sous pour fournir les ballons de la Coupe du Monde ou les T-shirts des supporters, des femmes du Maghreb qui cassent à main nue les minusules coques de l'arganier pour deux euros par jour afin que les peaux des belles soient plus blanches, et des latinos emmeurés par un mur de mille kilomètres à la frontière du Mexique sans compter celui des lamentations qui enferme des millions de Palestiniens par des amnésiques de Varsovie et Cracovie .
Bizarre comme la repentance est sélective et univoque!

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