Piffuitt a vu le premier match de foot de l’équipe de France et pose des questions normales pour un palmipède qui n’a pas l’habitude des chaussures à crampons.
Il a d’abord été surpris par onze chanteurs muets pour écouter la Marseillaise reprise par tout un stade puis ému par onze chanteurs unis pour déclamer le cantique suisse à pleins poumons.
Question n°1 : comment se fait il que des mercenaires du ballon rond s’éclatent à prix d’or dans des clubs européens et traînent leur peine, malgré des primes mirobolantes, sur un terrain quand il s’agit de porter les couleurs black-blanc-beur de leur pays d’accueil ?
Question n° 2 : n’y a-t-il vraiment pas, dans les clubs français, douze gaillards, dans la force de l’âge et la plénitude de leurs moyens physiques, heureux d’être français et de le montrer sur un terrain, pour défendre les couleurs de leur patrie lors d’une Coupe du monde de football ?
Quand on sait les méthodes de recrutement du sélectionneur ces questions deviennent ineptes puisque seule l’astrologie lui permet de choisir ses joueurs, anciens combattants éclos au siècle dernier.
Exit les lions, les taureaux, les béliers au profit des balances qui hésitent entre l’attaque et la défense, les vierges ont été proscrits au profit des cancers et des capricornes qui rongent l’édifice du beau jeu, les scorpions se sont transformés en de pâles morpions sans dard , tandis que les gémeaux ont du mal à se trouver, les poissons suffoquent hors de leur bocal, les sagittaires n’ont pas été suffisamment secoués avant de s’en servir et les verseaux errent comme des âmes en peine sur un terrain trop grand pour eux.
Dans ces conditions astrologiques peu favorables, le parcours de qualification a jusqu’à présent était bien terne et la chute promet d’être éclatante, à l’image de la dernière déconvenue à Séoul.
Les portiques du gardien de but risquent d’être encore plus tristes que les tropiques dont ses défenseurs sont issus.
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