L' inculte du Moi
Aliboron, mon chéri
Je suis heureuse de voir tes énormes progrès !
Maintenant tu n’as plus peur d’écrire ; c’est une bonne chose .
C’était le cas d’Edith de Nantes qui, pour séduire le roi Louis XIV lui envoyait des libelles qui le faisaient hurler de rire.
Auparavant la belle de Cadix écrivait à Charles VII, roi des Gaulles pour lui demander la grâce des huguenots qui voulaient protester. Ce fut la saint Barhélémy en guise de traquenard.
Tu vois, il est facile d’écrire un bon français et la connaissance de l’histoire est un atout pour réussir dans la vie, surtout en politique comme le montre bien le petit Nicolas qui confond encore l’histoire des Huns avec celle de la France, à cause de ses origines, et découvre avec stupéfaction celle de la magistrature. Le sang d’Attila qui coule dans ses veines le rend dès lors sensible au sort des immigrés.
Il vaut donc mieux être de sang royal pour être élu président de la république tant les Français aiment la monarchie depuis Charlemagne, qui a précédé Charledegaule, lequel a donné le sceptre à ce cher Chirac
La deuxième condition pour bien écrire, et surtout pour bien parler, est de ne tenir aucun compte du contenu de ce que tu dis. En outre, si tu émailles ton discours de références savantes, que personne n’ira vérifier, alors tu te feras applaudir.
Troisième condition, lors de tes allocutions publiques, nomme une tête de turc, qui n’est évidemment pas celui à qui tu t’adresses, mais dont l’évocation va aussitôt te faire aimer de ceux qui t’écoutent.
Ainsi si tu parles à des Français, stigmatise les immigrés qui envahissent le pays .
Personne n’ira vérifier les statistiques et la stabilité du phénomène depuis des décennies.
Si tu parles à des juifs, dis tout le mal que tu peux des arabes et vice versa. Ca marche à tous les coups.
Quand tu vois des immigrés, des pauvres, des sans papiers, des sans-grades, les gamins abandonnés des banlieues, tu leur fais miroiter la grandeur de la France éternelle et leur rappelle qu’ils ont la chance ineffable de pouvoir trimer toute leur vie pour des clopinettes dans le pays des droits de l’homme que le monde entier nous envie.
Si tu parles à des riches, qui étaient antis avant d’être nantis, tu peux oser parler des "pauvres blancs" qui votent n’importe comment, pour les extrêmes et même pour une égérie bien légère.
Rends toujours l’autre étranger et responsable des malheurs de ceux à qui tu t’adresses.
Donne à tous le choix entre: voter pour toi ou s’exiler.
C’est la meilleure façon de rassembler le maximum de suffrages sur ton nom.
Enfin, quatrième condition importante pour toujours avoir raison face à n’importe quel interlocuteur : tu affirmes n’importe quoi sous une forme de question comme :
« Pouvez vous croire un seul instant que je suis homme à laisser les choses en l’état ? »
Ainsi rassuré par la réponse affirmative qu’il se fait à lui-même suite à cette interpellation, l’interlocuteur est alors prêt à tout gober :
« En conséquence, voici ce que je vais faire… ».
Garde bien sûr à l'esprit que les promesses n’engagent que ceux qui les croient.
La carte n'est pas le pays et le slogan "votez pour moi" n'a jamais incité son auteur à appliquer son programme.
En résumé peu importe ton orthographe pourvu que ce que tu racontes comme une fable, dont les enfants et les plus grands sont si friands, ait une musique qui plaise aux oreilles de ton auditoire !
Mon chéri, je t’embrasse.
Pour répondre à ta proposition, gommons nos différences, car comment pourrais-je faire autrement que t’attendre ce soir à 20 heures à l’entrée du cinéma ?
Ta Canisse qui t’aime
puisque ségo est officiellement célibataire, et sarko itou il pourrait faire un programme commun et justifier les confusions ultérieures
Rédigé par: kindo | 13 juin 2006 at 11h45