Facteur d'Ogre
Mon facteur est un type sympa. Vraiment sympa . Une jeune femme gentille toujours souriante, jolie blonde éternellement bronzée. Tous les jours elle vient m’apporter le courrier au milieu de la forêt qui m’habite. Mine de rien c’est une distraction., et ma seule conversation du jour en dehors de mes dialogues canement bons avec Piffuitt.
L’autre jour, ma gentille factrice m’apporte un recommandé. Mauvaise nouvelle évidemment. Le lendemain, j’ai préparé la réponse et demandé à mon adorable préposée, Roseline, de la poster pour moi. Consciencieuse, elle scelle l’enveloppe avec une léchouille savante, très professionnelle.
Le lendemain passe…
Le surlendemain, une nouvelle factrice arrive dans mon airial empli du chant des oiseaux, grives et rouges-gorges s’en donnent à cœur joie. La nouvelle factrice m’apprend, alors que je signe un nouveau recommandé, que sa consoeur est hospitalisée suite à de violents troubles ressentis à l’issue de sa tournée de l’avant-veille. Les médecins ne peuvent encore se prononcer sur la gravité de son état. Voilà qui est bien triste. Quant au nouveau recommandé, encore une mauvaise nouvelle.
La semaine suivante, une stagiaire est appelée en renfort et m’apprend, les larmes au bord des yeux, que sa consoeur a été retrouvée dans le fossé, le crâne fracassé contre le pare-brise de sa belle voiture jaune d’œuf mollet.
. . Une semaine s’écoule. Nouveau recommandé. Encore une très très très mauvaise nouvelle.. Cette fois c’en est trop. J’apporte moi-même la réponse au bureau de poste du village. Le préposé m’apprend que ma jeune factrice a disparu sans laisser de traces. Son véhicule aussi. Ses parents sont inquiets « une jeune fille si sage, sans histoire, volatilisée dans la nature ! » Personne ne l’a revue depuis cinq jours. Moi non plus d’ailleurs.
Les gendarmes sont sur les dents (qui a dit que les poulets n’en avaient point?) La brigade criminelle de la grande ville éloignée a été dépêchée sur les lieux : les bois sont passés au peigne fin, l’étang voisin dragué, tout le monde est interrogé. Trois voitures de police ont glissé au petit matin sur le tapis d’herbe irisé par la rosée qui mène à ma modeste bergerie. Ils l’ont investie et tout fouillé pendant quatre heures… Je leur ai offert du café, un pur arabica., recommandé lui aussi par le Club des Gourmets. Ils m’ont posé des questions comme s’il en pleuvait.
Moi, je ne sais rien, j’e n’ai rien vu, rien entendu… même pas un cri…..
Si cette enquête part à volaille, il faudra faire appel aux talents de Piffuitt pour chercher des indices dans les coins-coins.
Rédigé par: E-manuel | 07 octobre 2006 at 22h22
Celle là m'a fait rire.
Je ne sais pas si piffuit est un grand criminel,
mais il est joyeux, c'est tellement rare.
On pardonnerait presque tout à un volatile si gai.
Rédigé par: nikos | 12 octobre 2006 at 20h29