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octobre 2006

29 octobre 2006

A nos âmes ours d'enfants

Raphaël avait recu en cadeau un amour d’ours comme beaucoup d’enfants et de petits garçons en particulier. C’était son frère jumeau, son compagnon de jeu, le confident de ses nuits, le réconfort de ses réveils. Il pouvait tranquillement attendre et son papa et sa maman en faisant patienter son amour d’ours.

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           Bien sûr, c’était un compagnon de vie idéal, discret,souriant comme un rayon de miel, lumineux comme un rayon de lune,  pas têtu pour un sou, toujours de bonne humeur, tantôt tête de turc, un tantinet   tête de gondole, tantôt objet de tendresse : un ami fidèle en tous points, un amour d’ours.

           En plus,  pas gourmand : il n’aimait ni le miel comme tous ses autres congénères des Alpes, de Croatie ou des Pyrénées ni les chasseurs. Raphaël pouvait laisser ses bonbons à sa portée, jamais il n’en manquait un seul. Il délaissait même les tablettes de chocolat qui traînaient  dans un coin de sa chambre et il n’avait même jamais glissé sa patte griffue  dans le pot de Nutella dont il était si friand.. Bref jamais ours n’avait  fait l’objet d’une telle dévotion. Quoique… Bref, pour Raphaêl cette idylle était devenue trop parfaite.

Un beau jour, l’orage gronda et se répandit dans la maison. Raphaël fut tancé vertement pour une broutille et se déclara subitement mal-aimé..  Vexé, fâché, tourneboulé,  il tint son nounours pour responsable de son désamour .

C’est ainsi que germa leur première scène. Le nounours, pacifique par nature,  ne se défendit guère, il ne protesta pas davantage et subit la colère du bambin sans un mot, sans un cri, sans un râle. Raphaël avait beau dire,  le nounours ne sut le maudire . Devant un tel flegme, Raphaël passa la surmultipliée  et  sa colère enfla comme un grand. Il attrapa le nounours à pleines mains, le brandit  pour le faire virevolter au dessus de lui. Il le fit  tournoyer ensuite en maudissant  le pauvre animal qui commença alors  à écarquiller les yeux de stupeur.

Plus il tournoyait, plus il se retrouvait écartelé. Le manège infernal prit de plus en plus de vitesse jusqu’à ce que, au sommet de sa rage, le bambin lâche  de toute ses  forces le nounours tourneboulé. Celui-ci s’envola dans les airs,  rata de peu le mur et s’engouffra à travers la fenêtre grande ouverte. Il compta alors les étages, un puis deux, puis trois, puis quatre et dans un grand boum taffeté par sa peau d’ours, s’écrasa sur le toit d’une voiture en stationnement.

Raphaël se précipita à la fenêtre mais le nounours avait disparu .Il eut beau chercher, scruter les cieux : travelling avant travelling arrière et contre-plongée n’y firent rien. Envolé ?.Mais oui c’est cela : en-vo-lé ! Ses cris et ses larmes n’y changèrent rien .

Sa mère accourut alors pour retrouver un bambin effondré sanglotant un sempiternel « RhumfrNounours s’est envolé , sniff ih ih »  Sa mère comprit la situation en un clin d’œil, dévala les escaliers avec Raphaël dans ses bras, mais il n’y avait point de nounours au droit de la fenêtre, ni même aux alentours. Seule une place de parking vide...

Ainsi s’envolèrent les rêves de Raphaël et l’âme ours du bambin…Le soir, depuis lors, les yeux lourds de l’ours d’alors,  il reste des lustres entiers devant la fenêtre, regardant au dessus des nuages, dans l’infini des cieux, espérant la prochaine réapparition de son nounours. A Noël ou plus tard : le 22 avril ?….

23 octobre 2006

L'ogre des facteurs

Depuis la mystérieuse et dramatique disparition de mes trois derniers facteurs (voir Facteur d’ogre)  la police tient enfin une piste .

La concurrence est ouverte entre les postes européennes et bientôt le monopole de  nos légendaires PTT  ( petits travailleurs tranquilles selon les uns)   disparaîtra. Fondus dans la mondialisation , l’efficacité économique et la rentabilité. Nos PTT nouveaux sont donc prêts à tout tenter pour survivre. 

Avec  cette nouvelle poste, les facteurs disparaîtront aussi dans tous les coins reculés de la France profonde : distribuer une lettre à un papy esseulé ou son mandat à une veille mémé qui  attend sa pension  pour survivre chichement devient non rentable.

           En prévision de cet avènement La Poste a décidé d’anticiper et de créer l’événement . On ne  sait trop si ce sont les stratèges au crane d’œuf fondu , docteur ès lettres ou un subtil chargé de communication licencié d’une entreprise maffieuse remastérisé  planificateur , mais en tout cas le licenciement de nos postiers ès lettres est en cours à commencer par nos facteurs ruraux .

Les trois affreuses disparitions signalées dans le secteur de Piffuit ne sont que les premières d’une longue série décidée par la Direction de la Poste pour montrer que l’insécurité ayant gagné nos campagnes et que, à la suite de la disparition inexpliquée de quelques facteurs, les cranes d’œuf mollet cités plus haut ou le chargé de communication en mal d’événement peu importe , il soit décidé de supprimer tout bonnement ce service.

Sans réaction de la population devant ces premières disparitions la purge va aller s’amplifiant . C’est en tout cas l’hypothèse  des policiers que Piffuit a réussi à interviewer…

En attendant, bonne nouvelle : je n’ai plus reçu de recommandé  et, mauvaise nouvelle qui confirme l’hypothèse,  mon facteur n’a toujours pas été remplacé . …

20 octobre 2006

En fait t'as (bonne) mine!

Les Français consomment deux boites d’antidépresseurs par an et par personne, soit pour l’année 2006, un record mondial qui culmine à plus de 120 millions de boites, en augmentation de 10% par an. C'est un secteur économique en plein boom...

Bien sur c’est une  moyenne. Certains savent s’en passer au profit de l’alcool, des cigarettes, d’un joint ou d’une héroïne de passage dans une partie fine, d’autres sont carrément boulimiques et en font même profiter leurs bébés.

Ainsi ma concierge, la fameuse mère Michu qui me voit passer tous les jours sans un sourire, sans un mot., impavide Je lui ai demandé son secret.

« Des amphétamines, Monsieur, avec la vie que je mène je suis trop calme, je ronronne comme un chat poussah, pas l'ombre d'un stress. Alors je me dope . A voir passer tout ce monde affairé, pressé, sur les dents, montant 4 à 4 les escaliers et les descendant en sautant comme des cabris (ollé!), j imagine la vie fabuleuse  qu’ils mènent entre métro, boulot, dodo, zappo: ça me donne le bourdon . Il tape dans ma tête à coups redoublés. Dong, Dong, Dong ; On dirait les cloches de Notre Dame. 

Alors je prends une petite pilule rose. Puis une bleue . Puis une verte. Enfin toutes les couleurs de l’arc en ciel y passent. L’autre soir, à la télé, j’ai même vu des éléphants roses……

Tenez, par exemple, le jeune homme du 5° tiré à quatre épingles : parti à 6 heures du matin, rentré à 3. Toujours courant, son casque de motard à la main : il monte une super Harley Davidson quand c’est pas une amazone qu’on voit dans la presse people .Paraît même qu’il descend au Paris Hilton.

A chaque coup de fil ce sont des millions qui passent dans chacun de ses mots. Un cargo de café par ci baissé ou monté de quelques cents, un cargo de sucre ou de cacao monté ou baissé de quelques cents par là le jour, et ce sont des millions qu’il empoche.

La nuit, il les claque chez Régine ou au casino de Deauville. Alors pensez donc, l’est toujours à cran ce golden boy. C’est lui qui m’a donné le truc. Un petit matin, alors qu’il passait devant ma loge, il m’ a donné un fond de boîte. J’y ai goûté. C’était bon. J’ai continué Maintenant je prends une pilule par heure. Ca me donne bonne mine … trouvez pas ? »

15 octobre 2006

L'ile de la contrition

Dans un avion de ligne au dessus de l’Atlantique. .Deux couples en voyage de noces roucoulent. Soudain des turbulences à quinze mille pieds. La voix suave du commandant se veut rassurante. L’avion pique du nez . Suit une explosion . Des hurlements. Nos deux couples continuent à s’étreindre en remettant leur vie entre les mains d’Allah. Allah agbar !

Des secondes d‘éternité s’écoulent. avant le splash final dans les eux bleues et chaudes de l’océan. Des débris partout. surnagent  Youssouf est le premier à s’accrocher à un siège. Sa bien-aimée Saida a disparu. Il cherche en plongeant ses yeux dans l’horizon immense. 360° de débris et aucune vie humaine.

Emergeant du sourd mugissemnt du ressac, il entend un gémissement. Son cœur bondit dans sa poitrine. Est-ce elle ? Il s’approche en quelques brasses d’un forme humaine. C’est elle ? Oui. Non. C’est une jeune fille qui gémit et lui dit dans un souffle « Sauvez moi. Je m’appelle Yasmina ». Il la prend dans ses bras sur son fauteuil alors qu’elle s’évanouit .

La nuit noire s’étend sur le drame et jusqu’au matin Youssouf garde l’espoir. Il n’en peut plus et s’endort à moitié éveillé à moitié hébété. Le soleil se lève sur un décor désolé et quand Youssouf s’éveille, il se trouve échoué sur une plage de sable blanc parsemé de palmiers allongé à côté d’une femme assoupie. Aurait-il atteint le paradis promis ?  « Ah,  c’est Yasmina ; nous sommes bien vivants ».Il fait quelques pas sur la plage. Il crie, court, cavale.. Aucune réponse. ..

Les jours passent et avec les débris apportés par la marée, ils aménagent un abri de fortune. Coquillages et quelques fruits font l’ordinaire, mais la faim  se fait tenace. Ils se consolent mutuellement de leur infortune . …Au cinquième jour Youssouf laisse sa compagne pour aller voir au delà de la dune en lui promettant un retour rapide. Il emporte quelques coquilles pour marquer sa route.

Arrivant en haut de la dune.  Il ne voit rien qu’une étendue sablonneuse. Il dévale la dune et en remonte une autre. Et encore une autre. Enfin il croit apercevoir  des lumières et des formes. Il s’approche. . Aucun doute : la vie est là. Encore plus près, des hommes et des femmes s’agitent. Plus près encore : c’est un campement. Des véhicules militaires bâchés de vert,  une tour de guet, des barbelés ,

Il s’allonge et s’approche encore pour mieux voir. Des hommes en tenue orange ont  l’air d’être retenus prisonniers.  Il s’approche encore et son sang se glace : sa belle Saida est là debout enlacée dans les bras d’un autre gaillard. Mais oui lui aussi était dans l’avion : ils s’étaient présentés :c’est Hassan, le compagnon de Yasmina..  Il retient un cri et se retire à reculons, en décrivant un large  arc de cercle.

Alors, il entrevoit une grande pancarte. Elle  se détache sur le bleu du ciel au dessus d’une immense grille en fer.

Il déchiffre, éberlué :  G..U. A..N. T. A. N. A. M. O.

07 octobre 2006

Facteur d'Ogre

Mon facteur est un type sympa. Vraiment sympa . Une jeune femme gentille toujours souriante, jolie blonde éternellement bronzée.  Tous les jours elle vient m’apporter le courrier au  milieu de la forêt qui m’habite. Mine de rien c’est une distraction., et ma seule conversation du jour en dehors de mes dialogues canement bons avec Piffuitt.

L’autre jour, ma gentille factrice m’apporte un recommandé. Mauvaise nouvelle évidemment. Le lendemain, j’ai préparé la réponse et demandé à mon adorable préposée, Roseline, de la poster pour moi. Consciencieuse, elle scelle l’enveloppe avec une léchouille savante, très professionnelle.

Le lendemain passe…

Le surlendemain, une nouvelle factrice arrive dans mon airial empli du chant des oiseaux, grives et rouges-gorges s’en donnent à cœur joie. La nouvelle factrice m’apprend, alors que je signe un nouveau recommandé, que sa consoeur est hospitalisée suite à de violents troubles ressentis à l’issue de sa tournée de l’avant-veille. Les médecins ne peuvent encore se prononcer sur la gravité de son état. Voilà qui est bien triste. Quant au nouveau recommandé, encore une mauvaise nouvelle.

La semaine suivante, une  stagiaire  est appelée en renfort et m’apprend, les larmes au bord des yeux,  que sa consoeur a été retrouvée dans le fossé, le crâne fracassé contre le pare-brise de sa belle voiture jaune d’œuf mollet.

. . Une semaine s’écoule. Nouveau recommandé. Encore une très très très mauvaise nouvelle.. Cette fois c’en est trop. J’apporte moi-même la réponse  au bureau de poste du village. Le préposé m’apprend que ma jeune factrice a disparu sans laisser de traces. Son véhicule aussi. Ses parents sont inquiets « une jeune  fille si sage, sans histoire, volatilisée dans la nature ! » Personne ne l’a revue depuis cinq jours. Moi non plus d’ailleurs.

Les gendarmes sont sur les dents (qui a dit que les poulets n’en avaient point?)  La brigade criminelle de la grande ville éloignée a été dépêchée sur les lieux : les bois sont passés au peigne fin, l’étang voisin dragué, tout le monde est interrogé. Trois voitures de police ont glissé au petit matin sur le tapis d’herbe irisé  par la rosée qui mène à ma modeste bergerie. Ils l’ont investie et tout fouillé pendant quatre heures… Je leur ai offert du café, un pur arabica., recommandé lui aussi par le Club des Gourmets. Ils m’ont posé des questions comme s’il en pleuvait.

Moi, je ne sais rien, j’e n’ai rien vu, rien entendu… même pas un cri…..

05 octobre 2006

Le Politron

Les mots ne sont que la partie visible de la pensée intime, de pâles reflets de la vérité, pas toujours bonne à dire à l’heure où une modeste insulte, « grosse vache », vaut  7 millions d’euros de dédommagement à Hong-Kong, ce qui fait cher la bavette. .Il existe ainsi un sous-texte, implicite,  qui pourrait être utilement sous-titré sur les écrans des étranges lucarnes lors des interventions de nos hommes politiques .

Piffuitt, canard branché, directeur du marketing d’une célèbre  agence de communication Marquis de Sade ®, a donc décidé de mettre en chantier une sorte de traducteur automatique qu’il appelle le politron, afin de traduire le  discours politique en langage populaire.. Voyons un peu quelques exemples qui émaillent actuellement.  les déclarations préalables à la campagne présidentielle.

« Mes chers concitoyens… » . Tout le monde sait depuis de Gaulle ce que cette entame présidentielle signifie « Bande de veaux », ou « Espèces de moutons »  Quant au fameux « Je vous ai compris », repris sous diverses autres formulations depuis lors, le politron traduit :« je fais ce que je veux et je n’ai de comptes à rendre à personne, ni aucun temps à perdre  avec vos conneries d’états d’âme, de revendications et de jérémiades »

« Mes chers camarades du parti !» cache mal  « Bande d’enfoirés qui voulez ma peau ! »

« Je me suis résolu par discipline du parti et sur les pressions amicales du premier secrétaire à me retirer de la course » . Vous voyez le sous-titre plus proche de la vérité  qui traduit bien l’état d’esprit de l’ancien ministre de la Culture : « Un tas de connards s’est ligué contre moi pour me dégommer et je n’avais pas d’autre choix que de fermer ma gueule , sachant qu’un maroquin  ou une ambassade à l’Unesco m’ont été promis en cas de victoire, ce   qui me rapportera bien plus, sans grand effort et ravira ma femme »

« Je suis un homme du peuple proche du monde ouvrier »  ose affirmer sans rire, (il n’en a d’ailleurs pas l’habitude) le déjà vieux  « ex-plus-jeune-premier-ministre-de-France ». Lisez « Avec mes origines bourgeoises et la fortune héritée de mes parents, je sais parfaitement que les  bobos me sont acquis, mais  il faut que je consente quelques risettes et effets de manches à destination des smicards et péquenots  dont une frange peut m’être fort utile pour faire basculer l’élection en ma faveur »

Le même, 20 ans plus tôt avait déclaré que « La France n’est, ni de près ni de loin, impliquée dans l’affaire du Rainbow Warrior ». La suite a permis au politron de confirmer l’honnêteté  et la candeur de ce triste sire accusé à tort : «  Sur mon ordre le Rainbow Warrior de Greenpeace a été coulé et tant pis pour les éclaboussures, dont ce journaliste mort avec l’explosion, et deux pipes qui ont écopé de trois ans de tôle (le faux couple d’espions Thurange,  NDLR) : bien fait pour eux, na ! » »

Quand un éléphant déclare à propos d’une rivale, la fameuse icône des sondages au teint beurre frais du Poitou-Charentes : « Elle est trop jeune », lisez plutôt « Dans mon lit, elle serait bien trop vieille » ou plus cru (el) : « Pas baisable cette nana ! » .C’est nettement plus authentique. Quand un autre pachyderme rajoute que cette mère prolifique a l’habitude  d’autres occupations plus féminines, le politron est inutile pour traduire :  « Reste avec ta marmaille et auprès de  tes fourneaux à préparer des cagouilles , les magouilles électorales c’est pour les mecs !».

Bien sûr, tout le monde comprend, quand le ministre de l’économie , ex-patron prodigue des néo-télé-cons, nous promet une « baisse des impôts en 2007 », qu’il convient de se serrer la ceinture après une augmentation des tarifs publics, de la TIPP, et des taxes foncières multipliées par 5 dans certaines régions .Le même sinistre insiste en déclarant :« la croissance est repartie ». « Oui, mais où, ?» demande le politron.

Ces quelques exemples constituent les débuts de ce nouveau dictionnaire d’utilité publique, à conseiller à tous les électeurs en écoutant leurs idoles, et à potasser avant de glisser leur bulletin de vote dans l’urne . Le politron, les 35% d’abstentionnistes le connaissent déjà par cœur…

Piffuitt continue ses recherches et savoure à l’avance les perles langagières qu’il aura à traduire. Chacun peut en faire autant et les adresser à Piffuitt sous forme de commentaires. A vos cassettes !….

01 octobre 2006

E-CONE

La communication sur le web réserve des surprises et Piffuit s’est donné pour mission d’explorer le langage des tribuns et tribunes. Voici donc ses derniers conseils marqués du sceau de la sagesse dans une syntaxe vierge de tout détail superfétatoire, lors de sa dernière conférence en son poulailler.

« Nonobstant, il n’est pas inutile, en écoutant les discours ampoulés de nos hommes politiques -et de l’une d’entre elles, femme prolifique-  d’engager une étude  séméiologique concernant la pathologie du logos véhiculée par ce medium dont la virtualité sciemment délétère, martelée  pour obtenir le consensus de foules communiant dans un pathos oecuménique confinant aux extases ascétiques en troquant les formules acétiques et le vocabulaire fielleux par des diatribes idéologiques  constellées par des métaphores où la symbolique iconographique le dispute à la mythomanie des assertions monadiques, concourant ainsi à la mystification  des masses populaires acculturées emportées dans un maelström logorrhéique mêlant la magie du verbe aux rodomontades d’un prophète christique.

On le subodore clairement au delà de cette analyse évanescente, les idées abstruses et les images absconses se conjuguent de façon archétypale dans un syncrétisme iconoclaste empreint par l’idiosyncrasie du locuteur dont la vertu heuristique et l’emphase charismatique  provoquent un congrès sardanapalesque mêlant Eros , Tanathos et Bacchus en un tourbillon cosmique d’incantations libidineuses dont la gare de Perpignan reste indéfectiblement le centre de gravité infrasexuelle. »

« Oh ! Msieu Piffuitt, minaude Piffette la cane, sa mie adorée,

vous êtes positivement  GE-NI-(T)-AL !

- Ne pinaillez pas ma belle, vous me brouillez l’écoute, allez donc faire une partie de tennis avec vos amis mâles de la Haute Lande plutôt que de vous mêler de politique, vous êtes bien trop jeune pour cela ! » rétorqua Piffuitt, interrompu dans son  éléphant, pardon : dans son élan !