Le respect du détail
Piffuit a failli s'étrangler qund il a entendu la déclaration télévisée suivante, aussi stupéfait qu'une cane qui va à vêpres::
« Adolf Hitler dont l’élection démocratique est incontestable est donc digne de respect », dixit notre présidentiable N°1 devant un journaliste opinant du bonnet sans branler son chef, donc aussi digne de respect qu’inébranlable dans son écoute brouillée par la stupeur : aussi condescendant qu’en montant pour encenser le zélateur de celui qui fut l'auteur d'un "détail" de l’Histoire.
Rajoutons que les élections d’Amine le dadais Iranien, Moucharaf le pakistanais atomique, Amine Karzaï l’Afghan de boxe, sont tout autant dignes de respect ainsi que celles des chefs de guerre (lasse) qui se déchirent les dépouilles du Moyen Orient sans se presser.
Aux cotés de Pinochet, l’élection de Poutine, dopée au cocktail polonium-vodka, est aussi naturelle et respectable qu’une bataille de polochons dans une chambrée de garnements en folie.
Dans ces conditions, l’arrivée au pouvoir en France de Jean Marie Le Pen hisse ce dernier, sans viagra, par la même voie orale et démocratique dans les annales, et via (maigre cette fois) ce genre de sophisme, au faîte de la respectabilité.
Si donc les critères d’élection (dont on voit aussi les vertus au Congo, en Somalie ou au Vénézuela) et de démocratie conduisent à conforter l’idée de la démocratie et à consolider sa pratique, il est grand temps de remettre en cause la validité de ces concepts mortifères.
En fait, l’on sait comment celui de démocratie a été fondé : sur l’exclusion des femmes et des citoyens et dans l’ascension au pouvoir par des magistrats élus dénommés « tyrans ».
Depuis lors, tout se passe comme si cette faute originelle avait été gommée par l’usage et les vertus de l’arrêt public des inégalités lors des promesses électorales par les candidats aux différents mandats de la République.
Or, la réalité dépasse cette vision occulte (bel oxymore) pour nous donner une démocratie monolithique (encore un) et des érections au pouvoir (n'est-ce pas Bill?) de despotes sacrés par une élection dont une récente palinodie, médiatisée à l’envi, vient de vanter les vertus pour que les jeunes des banlieues puissent enfin se faire entendre.
Ce sont bien les seules voix, celles de ces jeunes aux prochaines élections, qui resteront à jamais muettes, celles aussi qui -probablement- méritent le plus de respect.
Encore quelques détails: combien de morts pendant les camagnes napoléoniennes ?
Ou pour la saint barhélémy ? Le chemmin aux dames ? Dien Bien Phu ? l'Algérie ? Charonne ?
Rédigé par: Crassius | 18 décembre 2006 at 14h44