La télé nous apprend que le Bhoutan est plus intéressé à glorifier le BNB que le PNB . Plusieurs questions se posent alors .
D’abord où est le Bhoutan.? Prenez le périphérique et l’autoroute du sud.. Première à gauche et c’est tout droit vers l’est. Je crois .
Si vous tournez à droite, par contre, je suis certain que vous débarquez sur une plage de l’Atlantique Et là je vous le garantis, ya pas de Bhoutan. On aimerait sans doute bouter les étrangers dehors car l’Aquitaine, par exemple, a gagné 500 000 habitants en 5 ans.
Des intrus qui donnent même pas à manger aux mouettes et se gavent de foie gras de canards, eux-mêmes gavés par des paysans qui sont mis à l’index par les cons disciples de Bush qui s’y connaissent pour maltraitance à animal Comparativement l’Irak est un camp de vacances et l’Afghanistan l’antichambre du paradis pour nos vaillants soldats.
Je m’éloigne du sujet ? Pas du tout. Les Aquitains ont justement la même priorité que les Bhoutanais : le BNB.
Deuxième question : c’est quoi le BNB ? Je vous demande, moi, à vous, ce qu’est le PNB ? Bon, alors un peu de patience. D’abord le PNB mesure la richesse d’un pays, généralement en dollars, ce billet vert-de-gris tout crasseux qui rappelle une autre époque de colonisation pour un Empire qui devait durer Mille ans.
Notons que depuis l’entrée en vigueur de l’Euro notre PNB a chuté de 37% !
Donc, au Bhoutan, un paysan dans son champ n’apporte rien au PNB de son pays . Oui ça va : le PNB c’est le Produit National Brut : vous êtes bien avancé maintenant de savoir à quoi correspond le sigle ! Le PIB : Produit Intérieur Brut, ce qui reste en moyenne dans les poches quand chacun a sué sang et eau pour faire du bizness dans un cycle infernal : métro-boulot-zappo-dodo.
Or donc, un paysan du Bhoutan qui sort de son champ pour aller s‘établir, poussé par son gouvernement qui lui confisque ses terres pour construire des usines Hi-tec, échoue dans un bidonville. Même chose en Chine aussi, c’est vrai, mais restons amis avec Pékin : nous avons encore quelques usines à délocaliser……
Or donc, disais-je, si un touriste boute-en-train fait gagner à ce Bhoutanais-à-pied un dollar, eh bien, là, ce dollar compte pour la croissance de la richesse nationale et le PNB du Bhoutan augmente ! Le mec du Bhoutan est plus pauvre qu’avant car il crève la dalle puisqu’il n’a plus son champ pour le nourrir, ni aucun travail, mais le pays est plus riche .
En fait c’est une comptabilité occidentale (onusienne) évidemment qui fait le calcul.. Imaginez ce qu’il reste, en net -non pas sur le net mais en réalité- à notre paysan du Bhoutan quand le gouvernement retranche de son dollar brut tous les frais de fonctionnement, les taxes et les impôts…….
Alors le roi du Bhoutan a eu une idée géniale : « Evaluons notre richesse nationale en BNB » !
En effet, avec une police de proximité bien rodée à écouter la population et qui a tous les moyens de la faire parler, il est facile de faire dire à notre ami le paysan du Bhoutan qu’il est heureux. Il rend grâce tous les matins à son roi et à tous les dieux du Bhoutan qui le protègent et lui procurent une sérénité sans égale / Il dit alors (et répète plusieurs fois pour que la mesure soit valable) aux galonnés qui l’interrogent : « Aargh ! Je suis heureux ! ».
Au Bhoutan, le BNB est donc la mesure sonore et spontanée du Bonheur National Brut.
En ce qui concerne Piffuit, mon canard sérénissime, il se contente de se situer à bonne hauteur sur l’échelle du BIN. : le Bonheur Individuel Net. Je l'ai vu de mes propres yeux!
Pour faire bonne mesure, j’allais rajouter un zeste de zen à cette vision céleste quand, horreur ! je m’aperçus que mon indicateur BINZ allait se confondre avec BIZNESS !
C’est pas bon pour mon canard, çà !…
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