Aux élections européennes, six ayant décidé de penser à autre chose qu’à une petite commission gavée aux moules-frites, un Français sur 10 a plébiscité notre Président de l’arrêt public en rase campagne : chômage en berne, délocalisation, promesses non tenues, doublement des émoluments présidentiels, rupture de l’économie, protection des nantis, instauration d’un RSA incompréhensible, flicage d’internet, réactivation de l’internationale situationniste, sont autant de raisons de bouder.
Tout cela au nom de la démocratie. Mais au fait un peu d’histoire.
La « démocratie » a été inventée par les citoyens de la cité grecque. A Thèbes notamment ces citoyens fondèrent une cité idéale : cette « démocratie » tant vantée et éventée depuis longtemps, était interdite aux femmes et aux esclaves.
Délurés, ils élurent 28 tyrans pour décider de leur sort. La moindre critique était sanctionnée par la mort. La catharsis -ou théâtre primitif- fut alors inventée par quelques téméraires pour dire tout le bien qu’ils pensaient de leurs tyrans démocrates.
Peu sûrs d’eux et anxieux de leur impudence, ils mirent des masques (la persona en latin) pour dire, avec de savantes litotes, leur fait à ces divinités sans risquer d’encourir leurs foudres.
Trois millénaires plus tard la même angoisse étreint les blogueurs dont une femme qui a osé posté sur l’écran cathartique moderne un « Hou la menteuse ! » à l’adresse d’un égérie élyséenne .
Heureusement la toile a du poids et la murène a dû faire marche arrière.
Mais il est désormais clair pour tous les internautes que cet espace virtuel est désormais mortel pour le seul espace d’expression où il était permis de penser qu’un mot reste un mot : virtuel et sans conséquence.
Les tyrans d’eau ne supportent qu’un seul canal, étroit et bien balisé : ils sont toujours en place et entendent le rester, quitte à traquer ceux qui n’ont pas encore le trac de s’exprimer en dehors des urnes et de Saturne la triste planète européenne, malgré le déni de neuf Français sur dix .
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