Il est le boss d’une ménagerie extraordinaire, dépeinte par les fables de Florian et de La Fontaine qui imageaient les moeurs du temps et les coutumes de la Cour des Louis, dénommée pudiquement « organisme de travail », et non pas cirque, poulailler ou porcherie : désormais le manager doit prendre en charge de « drôles d’oiseaux », des « sales bêtes » et de sacrés « c(och)ons ».
Il doit aussi s’occuper de bestioles peu ragoûtantes comme ces vilains « morpions » et ces méchantes « teignes » qui s’accrochent partout comme des «tiques » quand un service tout entier ne se transforme pas en « panier de crabes».
Parfois sont introduits des «loups" dans la bergerie et de « futés » renards traquent les jeunes « poulettes » tandis que des âmes « ours » des Pyrénées mal léchés, réfugiés dans les services comptables qui ne se comportent pas toujours en fines « mouches », même s’ils ont des yeux de « lynx » sur les notes de frais , font leur miel au sein d’une ruche où tous travaillent comme des « abeilles », sous la houlette de la secrétaire de direction, pas folle la « guêpe ».
Il arrive que le patron, un vieux « lion » toujours rugissant, s’entiche d’une jeune « pouliche » aux coups fumants, mais il est aussi bien connu comme un « vautour » par ses clients et fournisseurs qu’il considère comme des « rats » voués à sa perte. Tout en se prenant pour un « aigle », il gueule comme un « putois » sur un jeune « blanc-bec » qui passe son temps à peigner la « girafe » alors que son chef qui n’est pas un « aigle » s’y prend comme un « éléphant » dans un magasin de porcelaine, ce qui pousse ses collègues à rire comme des « baleines » et à suer comme des « phoques ».
Quant aux stagiaires, plutôt « manchots », entassés comme des « sardines » dans des bureaux exigus, qui ressemblent à des trous à « rats » autant qu’à des nids de « coucous », ils sont toujours les « dindons » de la farce, même s’ils courent comme des « lièvres » ou se traînent comme des « tortues ». Dans tous les cas, ces minots à têtes de « linotte », souvent orgueilleux comme des « poux », ne peuvent pas prétendre apprendre à faire la grimace aux vieux « singes » qui les cornaquent, même s'ils avancent comme des « escargots », travaillent comme des « limaces » ou s’accrochent aux basques des jeunes « biches » comme des « sangsues » en se prenant pour des « étalons ».
Quoiqu’il en soit, cette faune est très « chouette » surtout quand passe un « hibou » chaud bouillant et aussi parce que certains sont gais comme des « pinsons ». C’est moins drôle quand de vieux « chevaux » de retour sont engagés dans des conciliabules qui ne tolèrent pas les « canards » boiteux et caquètent comme des « poules » en se pavanant avec de vieilles « taupes » qui se prennent pour des « paons » avec leurs bijoux de famille clinquants.
Cependant, le manager doit veiller sur son service car d’autres chauds « lapins » jouent aux « pies » voleuses tandis que des petits malins aux yeux de « lynx » jouent à « chat » avec le travail qui leur est confié, ce qui rend leur chef d’une humeur de « chien » : il aboie alors comme un « bouledogue » quand il ne se rue pas d’un seul élan comme un « pitbull » sur les « ânes » bâtés qui inspirent son ire et les « veaux » qui l’entourent! De doctes « renards », experts de ces arches de Noé, se font grassement rétribuer pour des conseils bidons qui sentent le « faisan » à mille pas.
Chacun d'entre nous a pu rencontrer dans son travail toute cette ménagerie alliant les grands fauves carnassiers (généralement chefs de service, présidents et patrons d'importance qui tiennent le haut de l'affiche de l'économie et de la scène politique française – certains partis vénèrent leurs « éléphants »-) aux petites « souris » si appétissantes qui hantent les couloirs de tous les organismes de travail. Hélas, nos entreprises dont les dirigeants sont escortés par des « gorilles » sont sans pitié avec les jeunes « coqs » qui cachent leur incompétence, tels des « autruches », en se réfugiant dans des niches dorées ou des nids de « coucous ».
Fini de rire pour le manager qui ne se prend pas pour un « coq » de village : il est grand temps de prendre le « taureau » par les cornes et de tisser sa toile d’ « araignée » faite de toutes les compétences d’un vieux « singe » à qui on ne la fait pas….
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