Nicolas Hulot disait et d’autres aussi d’ailleurs, scientifiques ceux-là, que notre cerveau préhistorique, s’il faisait parfaitement l’affaire pour affronter les situations rencontrées il y a quinze mille ans, n’était absolument plus adapté à la modernité. L’évolution et la spécialisation ont donc leurs limites.
Un exemple récent vient encore de nous en être fourni par un malheureux technicien de France3 qui a humainement (pas bêtement) omis de saluer, même pas vomi, le petit coq interviewé au 19/20 .
Chacun sait que ce coq n’est pas tout à fais gaulois et, hongrois de surcroît, qu’il n’aime pas les bonnes manières, celles des autres évidemment puisque les siennes rappellent plus Attila qu’Attali. Il s’est fâché tout rouge, a sorti ses ergots -voire un escabeau- pour monter au créneau et la chaîne a porté plainte contre l’indélicat technicien. Un camp de rééducation s’impose : or même la Chine y a renoncé…
Piffuitt, fin connaisseur des mœurs des poulaillers puisque c’est un canard des chênaies landaises qui fréquente le sien assidûment, est épaté par un tel fait d’enfer qui casse trois pattes à un canard.
En effet, dans un poulailler, quand un nouveau volatile est introduit, s’il ne veut pas se voir volatiliser dans l’air et ses plumes emportées par le vent mauvais, il a appris depuis des millénaires un procédé d’acceptation salvateur appelé « rituel de soumission ». Il ne s’agit pas de se soumettre mais de montrer à ceux qui détiennent statut, pouvoir et autorité qu’ils sont vénérés et respectables. Ceci posé, le nouvel arrivant a droit à sa pitance, en l’occurrence quelques graines de maïs (avec ou sans OGM, pourvu par son bon maître qui les organise généreusement pour manger) qu’il peut chiper sous le bec des vénérables.
Ce qui apparait stupéfiant dans cette comparaison, c’est que les animaux de basse-cour ont accompli leur complet développement alors que les soi-disants médisants humains de haute-cour en sont encore à manifester des réactions réflexes préhistoriques. Notre technicien aurait dû être salué par le jeune coq tout pétant qui s’introduisait dans son local, et notre jeune coq tout compétent qu’il fût aurait dû adresser à toute l’équipe un salut royal correspondant à sa fonction, type Néron aux arènes de Rome, au lieu de tordre le nez en forme de potiron.
Eh bien non, c’est l’inverse qui est reproché à la puissance accueillante qui est menacée d’un châtiment suprême en forme de licenciement. Abusif : essayez de dire bonjour avec un casque sur la tête, une caméra au poing et un micro dans la goule…
Moralité N° 1 : Notre humanité a encore de mauvais millénaires devant elle avant d’accéder à la sagesse et à la convivialité de nos amies les bêtes.
Moralité N°2 : Outre les volatiles poules, canards, coqs, lapins, pintades, paons, (j’en passe et de plus succulentes bestioles) les veaux, vaches, cochons, moutons et autres chevaux nous montrent depuis la protohistoire la voie à suivre dans les relations entre hommes, égaux en droits pour les uns, dans leurs bottes pour les plus arrogants.…
Moralité n°3 : Les dindons font toujours les meilleures farces aux dadais qui ne badinent pas avec l’humour.
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