Tout le monde connaît l’exploit de ce génial escroc qui, posté sur la grand place d’Istanbul taxait les passants qui regardaient l’heure à l’horloge. Il prétextait, avec un costume officiel et beaucoup d’aplomb, être le préposé à une nouvelle taxe. Il a persévéré ainsi pendant plusieurs jours avant d’être démasqué.
Sur nos routes de France, un phénomène analogue est en train de se répandre avec une importance stupéfiante hors de tout contrôle. Sous prétexte que vous roulez sur une route dégagée payée par le contribuable et que votre aiguille de compteur à vitesse dépasse les seuils fatidiques imposés de seulement un km /heure , hop vous êtes taxé par la maréchaussée. ‘ « Merci monsieur l’agent vous m’avez évité un accident par ce moment d’égarement » est naturellement la réponse imposée par le galonné.
Mais il y a pire : ni arrestation, ni admonestation, ni contestation possible quand un robot cyclope officie. Avec un traitement informatisé, la taxe est infaillible et le contrevenant immédiatement taxé sans possibilité de recours. Vous demandez la photo pour être sûr de vous avant d’avouer la faute. Celle-ci vous parvient après avoir consigné l’amende qui est en fait aussitôt encaissée. Le concussé encaisse ce qui n’est pas dû et le cocu se retrouve décaissé de ce qui est lui est dû, tous deux unis pour le meilleur pour le premier, et le pire pour le second.
Jusqu’à présent si deux véhicules étaient présents sur la même photo, le doute bénéficiait aux deux automobilistes flashés en même temps. Perte d’argent insupportable pour le taxeur et impunité immorale pour les taxés flashés ainsi détaxés .
Nos têtes d’œufs ont trouvé la parade à cette niche fiscale. Le contrôleur préposé à la rentabilité de ce super impôt a été muni d’une paire de ciseaux pour couper la photo en deux et c’est le jackpot ! Avec un seul flash il obtient deux photos, deux contrevenants et deux amendes au lieu de jeter le cliché à la poubelle ! Cette multiplication des petits riens , c’est mieux que Majax : rien égal deux, c’est très fort ! Les deux pékins sur la photo, l’un dans son pousse-pousse et l’autre dans sa pétrolette sont tous les deux taxés !
Rentabilité maximale et idée géniale, isn’t ?
Piffuitt a beau pousser des coins-coins d’orfraie pour garder son argent, il n’en peut mais et son couinement s’étouffe dans le vide. Il n’a plus qu’un recours : avertir ses congénères qui peuvent ainsi être flashés en plein vol. C’est du vol pour ceux qui volent cette image et pour ceux qui survolent ladite photo .
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