Piffuitt est ravi, comme un pou et dans son cas comme un paon (plus à sa taille mais sans gabelle) même si sa gamelle est copieusement fournie chaque jour que les pollueurs nous fabriquent. Il se pavane sur le pavé de Paname et fait la roue. Il est même bon comme la roue mène le monde, comme chacun sait.
Or donc Piffuit est positivement ravi quand il apprend à connaître ses lecteurs du monde entier amis marocains ou algériens -il en confesse c’est vrai : certains sont bien au coran, d’autres carburent à l’eau claire pimentée de houblon-, ivoiriens comme lui qui porte des lunettes, canadiens qui tout comme lui ne se terrent pas au fond d’une cabane, chinois qui l’aide à filtrer son potage et autres belges, même s’il ne fume pas.
Piffuitt a déjà dit tout le bien qu’il pensait de ses bonnes pommes du Canada, lieu magique où il aimerait trouver une cabane, oui, -toujours positif, of course !- pas un cabanon, pour se retirer avec une canette capable de supporter ses coins-coins et ses canarderies « Can I ? », demande–t-elle suavement. « Canailles sûrement !» répond il.
Piffuitt aimerait aussi rendre hommage (avec toutes les circonvolutions cérébrales propres à un canard déchaîné pas encore décérébré quoique célébré dans le cénacle fermé des observateurs avisés de la publigande) à ces belles (de jour comme de nuit) qui le dévorent des yeux et pensent à plus quand affinités. Normal, en ces temps où le foie gras est à l’honneur sur les tables festives … Piffuitt respecte donc scrupuleusement les feux verts en évitant de passer à l’orange en ces temps où ses congénères passent à la casserole en tant que magret ou confit après le confiteor de la Messe de minuit…
Les points sur les i étant mis en bonne et belle forme , Piffuitt remercie donc ces belles de joug qui aiment s’envoyer en l’air et le supplient de les croquer à belles dents. Elles savent ces bellissimas l’appâter à coups de chocolats et de belles dentelles froufroutantes. Or Piffuiit, ayant de belles lettres acquises avant la dernière pluie, il se méfie de l’arsenic qu’elles pourraient gougoutter dans le potage des exquis soupers qu’elles lui concoctent.
Piffuitt vient aussi de découvrir ses lecteurs Roumains. Ceux-ci l’ont eux-mêmes découvert chez un éditeur de Bucarest : ils se sont mis à décortiquer leur medias à l’aide de la publigande, apparemment plus subtile mais aussi décervelante que la propagande déferlante de feu leur ancienne idole et de sa diva qui ne savait –elle- même pas lire. Comme les Roms disaient à l’époque, en catimini pour éviter les geôles du bienfaiteur des Carpates et avec un léger chuintement : « C’est haut, c’est ce cul ! » Après cet exploit, ils n’avaient plus qu’à se carapater en vitesse…
Piffuitt a déjà appris à être loup avec les loups, au courant sans coran, moins crétin sans chrétien, plus ouvert sans judas, moins sage que Boudha, libelle avec les belles, Romain (Didier, « La Rome des Césars », sublime bal(l)ade dans le temps) avec les Romains…Un seul regret : il a moins de dents, ce qui fait de lui un édenté national sans identité…
Désormais il voudrait aussi être aussi Roumain que les Roumains.
Mais ça n’ a pas de sens : sauf pour un vampire…
beau texte, mais par contre il n'est pas assez facile , est ce qu'au moins tu le sait ça?
caractère spéciale et très originale
Rédigé par : seima | 07 janvier 2010 à 16h33