Le Maire de Blaye a peur pour son image mais il n'a pas peur que sa ville située à quelques kilomètres d'un site explosif soit rayée de la carte. Il a donc intenté un procès à l'Association Tchernoblaye. Le jugement est en suspens. D'ailleurs le suspense continue: à quand l'explosion ?
A Braud et Saint Louis, centrale nucléaire située sur les bords de la Gironde, une enquête interne met en évidence de curieux symptômes suite à une série d’incidents et à l’alerte donnée par les « syndicats et les médecins du travail qui constatent que la santé psychologique des cadres et ouvriers ne cesse de se dégrader »[1]. La Direction départementale du travail et les membres du CHST attendent la diffusion du rapport des médecins du travail alors que les décisions sont encore en attente pour enrayer le mal qui se répand dans la centrale du Blayais.
Au cours de 2009 les symptômes du mal être se précisent :
- la tentative de suicide d’un ingénieur, repérée en 2008 mais pas prise au sérieux
- l’augmentation sensible des consultations spontanées auprès de la médecine du travail,
- la multiplication des syndromes post-traumatiques au stress,
- des cadres sous pression incompris de la hiérarchie,
- une surcharge mentale due aux urgences et une charge de travail de plus en plus importante,
- une accélération des cadences de travail imposées par une hiérarchie aux abois,
- des intérimaires exécutant des tâches ingrates et parcellaires d’une centrale à une autre dans une totale insécurité psychologique,
- l’augmentation du personnel en difficulté en raison du stress et de la démotivation,
- l’ émergence des plaintes des cadres et l’ allongement de leurs horaires minés par la réunionnite,
- un management insuffisamment préparé à sa mission relationnelle,
- des réparations de réacteur nucléaire dans la précipitation résultant d’une maintenance plus espacée pour réduire les coûts.
En outre, les relevés d’un laboratoire scientifique de l’Université de Bordeaux démontrent depuis plusieurs années la disparition du phytoplancton dans l’estuaire et l’apparition de mutations génétiques dans la faune: des crabes à une pince ont notamment été découverts, dans l’indifférence générale malgré le combat de Stéphane Lhomme et de ses amis.
Comme le notait déjà le 21 octobre 2008 un rapport de la Clin (commission locale d’information sur le nucléaire), « il en résulte pour le personnel une augmentation de la prise de médicaments, de sédatifs , d’antidépresseurs, ce qui est en contradiction avec le maintien d’un haut niveau de sûreté dans les installations nucléaires ».
Que se passera-t-il quand le responsable de la sécurité décidera de se donner la mort comme un de ses confrères désespéré ? Dans sa détresse, il pourrait tout aussi bien appuyer sur un bouton fatal…
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