suite...
A l’usine, comme au bureau, acquiescer en silence et prodiguer une reconnaissance éternelle à son chef pour l’obtention du pain quotidien constituent les récompenses appropriées pour le maître et l’esclave.
Oui, esclave car le salarié, comme le déclare Jacques Attali2, constitue une variante moderne de l’esclavage. En prime, ce dernier aura droit à un jour de repos hebdomadaire qui lui permettra de souscrire à ses obligations religieuses en écoutant les homélies qui relaient l’un des discours majeurs de l’Ogre: « La terre est une vallée de larmes, le bonheur t’attend au plus Haut des Cieux ».
Comble du cynisme, les goinfres du pouvoir nagent dans l'opulence et festoient joyeusement dans l'abondance. Ils osent affirmer aux populations qui gagnent leur pain à la sueur de leur front et joignent difficilement les deux bouts de fins de mois difficiles: « les biens matériels ne sont rien, la richesse du coeur est tout »...
Pour fonctionner à plein régime et garantir ses profits, l’Ogre a besoin que les producteurs prolifiques soient aussi des consommateurs effrénés. Il convenait donc d'inventer une nouvelle société pour que la consommation soit une fête permanente. Il fallait montrer l'envers du décor industriel laborieux, cacher les conditions de travail délétères afin que toute l'activité humaine dénaturée par le travail soit donnée en spectacle3 et acceptée non plus comme l’indigne tripalium originel mais comme le dernier avatar de la condition humaine, déclinée en 3D par des fils de pub...
à suivre...
Boring, change le disque papi
Rédigé par : le petit poucet | 13 février 2010 à 00h13