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Sur le modèle fameux du conte de Perrault le Petit Chaperon rouge, il fallait que le bon peuple laborieux puisse s'extasier « Ah mère grand que vous avez de belles dents! » Dans un premier temps fut inventée la « réclame » pour faire connaître par pure bonté d’âme les produits indispensables au bonheur terrestre :
· les machines pour faciliter le travail domestique de la ménagère (féminin originel de ménager, comme Montaigne se qualifiait quand il fut élu maire de Bordeaux au 17° siècle5 ) qui pouvait aussi exercer ses talents sur une chaîne de production pour assembler des produits que seules ses petites mains fines le permettaient-
· le Ricoré ou le Banania (« Ya bon, Missié ! ») pour s’éveiller le matin ;
· le bubble gum pour donner le change à l’ennui ou l’herbe à Nicot pour pallier l’interdiction de communiquer toute une morne et interminable journée de labeur.
Encore que, pendant longtemps, ce dur labeur fut adouci par le fameux pinard qui permettait d’écouler la production de l'Hexagone et explique le taux de 10% d’alcoolisme qui imbibe dès le matin la population au travail.
Ce triptyque d’addiction café-cigarette-alcool doit alerter l’observateur averti sur « l’état moral et physique des travailleurs », pour reprendre l’expression de Louis-René Villermé6 qui en décrivait l’horrible condition au milieu du 19° siècle.
Certes ces conditions de travail se sont améliorées, quoique dans les mines et les aciéries du monde entier elles restent dignes de l’Enfer de Dante. Mais dans des lieux apparemment aseptisés (débarrassés de la chaleur, de la puanteur, des vibrations et des poussières typiques du milieu industriel), les banques, les hôpitaux et les call-centers, si les sources du mal ont changé de nature, elles produisent néanmoins des maux encore plus terribles.
En effet, ceux-ci sont difficilement détectables pour un manager non averti qui a décidé, quels qu’en soient les signes évidents, de passer outre. Bouffi d’orgueil et de ses responsabilités de chef qui organise le travail au plus juste, presse ses subordonnés d’ordres contraignants non discutés, il agit sans concertation en préférant la peur et la terreur pour imposer ses choix et prendre des décisions sans écoute ni dialogue.
à suivre....
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