Sous les néons blafards, le divin sar alevin triste dans sa cuisine carrelet alors que sa Julienne barbue couve son amour sous la sandre....
Il dîne de sardines à l’huile entouré de loups, bars et autres xiphophores porte épées, tous requins de la finance qui comptent leurs profits sur une échelle scalaire avec un labre à six bandes en nageant en eaux troubles avec les requins-tigres, les espadons et autres pieuvres qui se gavent des petits goujons avant d’être eux-mêmes dévorés par de voraces piranhas.
Pendant ce temps, en lorgnant sur son dauphin, sa morue dessalée plate comme une limande et telle un poisson-lune qui aurait avalé une arête de daurade, chante faussement un air de rouget de l’Isle repris par le merlan qui la coiffe en killy-ange en s’étonnant « Civelle et tais-toi ! ».
Après avoir avalé sa baudroie en papillote, comme une truite vagabonde perdue parmi les barbus de Sumatra, avec sa chemise saumon fumé et sa tête d’encornet, le taucard Président de la raie publique affalée sur les soles croise des merlus en faisant des sauts de carpe comme un poisson-chat tandis que, sur les trottoirs plein de harengs, maquereaux et barbeaux beaux comme des loche-clowns arborent leurs belles queues de lotte en se faufilant comme des anguilles.
En ce lieu de débauche pour poissons-arlequins, ce nocturne combattant des urnes a le cœur-saignant après s’être en brochet sur une rascasse en pourchassant une roussette qui joue à colin maillard dans le désert de gobie.
Tous mettent le turbot, ils évitent une vieille et ça ne fait pas un plie, en donnant le thon, rouges de confusion, ils ont l’air de mulets dentelés par des poissons-scies.
Il est temps d’en finir en ce premier avril, fête de tous les congres de la création : Piffuitt, le canard des chênaies rêve sans l’ombre d’un doute d’un poisson-paradis en s’écriant « guppy ! kuhli ! » et l’écho lui répond « corydora ! gyrino ! ».
Son poisson rouge favori, le carassin doré lui susurre le son silencieux de la silure : « Tu te gourami ! »…
Il préfère refuser la perche tendue car il n’a plus l’anchois depuis que les aloses comme les pibales ont disparu des rivières alentour.
Son discus est rayé : cétacé de rire comme des baleines, c’hareng fou !
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