Acte 8
Lors de cet incendie mémorable, des milliers d’hectares avaient été dévastés, des centaines de fermes réduites en cendres, le cheptel décimé tandis que plus de deux cents personnes avaient péri dans ce terrible incendie.
Titou avait donc décidé de brandir l’étendard de la révolte pour résister à l’envahisseur dont les méthodes extrêmes montraient la détermination et décuplèrent la sienne. C’était un personnage apparemment falot qui cachait bien son jeu.
Dès son quatorzième anniversaire, il avait manifesté à la tête d’un turbulent mouvement de jeunes qui avaient affronté de féroces soldats angloys armés jusqu’aux yeux. L’image de son défi, étendu devant les chenillettes d’une colonne de chars venus à la rescousse, avait fait le tour du monde. Quelque temps après cet exploit, des émissaires vinrent lui proposer de s’entraîner dans des camps de guerilla urbaine en Roumanie sous la houlette des séides de Ceaucescu.
Il avait fait un détour par la Belgique en adhérant au mouvement situationniste et aux idées de Guy Debord dont les théories de « l’Etat spectacle » l’avaient convaincu qu’il pouvait faire connaître sa cause en montant des manifestations viriles qui attireraient les medias à coup sûr. C’est à Bruxelles qu’il s’amouracha de Sylvia, une belle italienne qui poursuivait d’interminables études de philosophie.
Elle l’invita en Sicile pour le présenter à son père, un des chefs de la Camora . Il y fit un séjour d’un mois sans voir sa belle brune. Le Frigidaire américain était plein à craquer de victuailles appétissantes Agrémentées de Valpolicella, de Chianti ou de Bardolino. Elles étaient renouvelées tous les jours par des gardes armés postés à toutes les entrées de la propriété. Le temps s’égrena entre lectures et parmesan, vaine attente et pizzas, veille prolongée et merveilleux Proseco… Sa belle ne vint jamais et son père pas davantage.
Il fut renvoyé sans autre forme de procès sans bien comprendre qu’il n’était pas un parti convenable pour la fille d’un puissant parrain… Il repartit donc en stage en Afghanistan pendant quelque temps où il côtoya les talibans qui lui apprirent quelques recettes nouvelles pour passer des amusettes de la guerilla urbaine à des recettes de terrorisme plus flamboyantes et surtout plus radicales. Il était devenu un redoutable expert qui avait formé un bataillon de zélotes capables de manier l’explosif avec dextérité, d’arraisonner un fourgon convoyant les fonds d’une banque jusque dans les pays voisins, paralyser une ligne à haute tension, harceler les patrouilles des soldats d’occupation, dévaster les exploitations des colons angloys…
à suivre
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