Piffuitt en profite encore. Cela ne va pas durer . Nom de dieu de nom de dieu …
Une quatrième résolution du Conseil des droits de l’homme de l’Onu vient d’être votée, avec l’appui d’un nouveau membre viril exemplaire, bienfaiteur de l’humanité, commandeur des croyants adoré à Tripoli et quémandeur de croissants dorés à Paris, le copain de Carla au teint bruni par la tyrannie, ex-colonel et petit père de son peuple, libérateur d’infirmières bulgares à ses heures perdues et potentat d’attentats sanglants à travers le monde: le blasphème est interdit et puni.
Canetons et canettes, soyez avares de vos jurons excrémentiels et ravalez vos noms de dieu et tous les seins sacrilèges qui accompagnent vos délires et vos déboires d’après boire. Vos références bibliques et vos incantations divines hors des psalmodies des veaux et palinodies dévotes ne sont plus sanctifiées même si les dix vins les inspirent : elles sont purs blasphèmes, passibles d’une punition onusienne.
Nez en plus, rassurez-vous ! A votre guise, désormais, vous pouvez torturer votre prochain, vous pouvez battre vos femmes et vos enfants, faire travailler 215 millions de bambins à travers le monde dans des conditions indignes, licencier à tout va, faire des promesses électorales et ne pas les tenir, massacrer des populations entières, accumuler les bavures et les dégâts collatéraux, pacifier les infidèles, dessouder les mécréants, spolier vos amis et connaissances, vous goinfrer de bonus, délocaliser comme il vous semble, mettre à la rue des millions de pauvres, dégraisser le mammouth, engraisser des oies blanches, vous vautrer dans le stupre et la luxure, mutiler les parties génitales de vos conjointes, les voiler ou les museler, peu importe : il vous est interdit dorénavant de blasphémer dieu, ses saints, ses versets bibliques, ses sourates coraniques, ses saints évangiles, ses vierges qui vous attendent Là-Haut, ses Zahia qui vous tentent en bas, et ses dix commandements…
Piffuitt s’étouffe : Imamquait plus que cela quand l’abbé cédait sous le poids du destin comme un vieux bonze qui tenait par des marabout de ficelle un pope pasteurisé en ligne de mire .
Nom de dieu de nom de dieu de saperlipopette de nom de dieu. Piffuitt n’ayant ni Dieu ni maître, ni dieu ni mètre, ni d’yeux ni mettre, ne peut donc avoir d’étalon pour son vocabulaire à part le maniement de sa langue maternelle, le respect de l’orthographe, la dévotion à sa grand-mère et la rigueur de la sainte taxe.
Evidemment tout le rituel qui consiste à dire amen au fils trois ou quatre selon les volontés du pharaon qui impose son dieu Osis ou Osiris lui échappe totalement surtout quand il a une face de Râ. Dans son enclos au milieu des chênaies dévastées par la liberté de parole, le chant du coucou alterne avec le roucoulement de la tourterelle, pendant que la berceuse du rossignol envoûte la lande aux senteurs de bruyère et de résine mêlées par des canes à bis. C’est tellement chouette qu’hibou quand il est chaud de toutes ces incantations qui s’élancent vers le ciel comme un hommage au dit vin partagé entre fidèles mécréants et croyants infidèles.
A travers ces volatiles transpercés par l’aboiement rauque du cerf en rut, dieu est partout et nulle part railleur face au chasseur ripailleur. Il suffit d’un coup de fusil pour qu’un de ces dieux caquetant, hululant, pullulant se trouve illico emporté dans la besace de l’impénitent qui ne croit en rien sinon dans la puissance de son fusil , le feu de son brasero et la satisfaction de son estomac ponctué par un rot puissant.
« Dieu c’est moi » dit il en brandissant son fusil vers les cieux "et ceux qui blasphèment contre moi vont entendre parler la poudre". « D’escampette » s’empresse de compléter Piffuitt qui n’est pas plus couard qu’un autre en se demandant encore à quel sein se vouer. Dans tous les cas il préfère le gauche plus rebondi et ondoyant sous les coups répétés du cœur qui s’emballe à la faveur d’autres coups de boutoir assénés avec amour, componction et indulgence par ce canard déchaîné qui n’a pas besoin des tables de Moïse pour appliquer ses dix commandements :
"- dieu je suis,
- dieu je resterai,
- dieu que la terre est bonne te dégusterai,
- dieu ceint de mes saints me parerai,
- dieu suis-je, resterai et m’adorerai,
- dieu tout puissant jusqu’à ma mort vivrai,
- dieu d’espoir renouvelé tous les matins quand la rosée m’émeut au sortir d’une couche alanguie, la déesse dont les monts m’émerveille, se révèlera,
- dieu que c’est bon, répéterai,
- dieu qu’il est bon de croître en ton nom,
- dieu , ma mie, je te le donne et par ta bouche tu deviens la femme de dieu."
Blasphème suprême, Piffuitt ne se prend pas pour dieu : il est dieu. Il ne prétend désormais nullement siéger aux côtés du nouveau conseiller des droits de l’homme, ce vieux charognard de libye dit nœud de vipères.
Commentaires