Ma chère Zaza,
Nous voilà de retour. Il me tardait de te revoir en chaire et en noce et je me réjouis d’être cyprès de toi.
Nous avons été coachés en sous-main par Piffuitt ce canard des chênaies, PDG de Marquis de Sade ® dont je peux dire qu’il a fait de l’excellent bouleau. Chaque soir nous nous interrogions sur notre sort « Hêtre ou n’être pas, telle est la question ! ». C’était shakespearien et certains en restaient bouche bée, comme des arbousiers, d’autres étaient mi-figuier mi-raisin.
Quoique spécialisé dans les chênes et les châtaigniers, notre coach palmé avait quand même beaucoup de pain sur la planche. Rassure-toi ma douce, nous avons pu appliquer son programme à la lettre même s’il s’est un peu plié à nos exigences, les résultats se mesurent à l’aulne des manifestations qui ont suivi .
Il s’agissait pour nous de détourner l’attention des Français sur les mesures en cours concernant l’âge de la retraite, les procès de la Générale et de celles qui l’avalent bien en se disputant le magot amassé par un ancien cagoulard.
En vérité notre objectif était épicéa : la mission de Piffuitt auprès de notre coach était de nous saper le moral, d’entraîner des dissensions afin que nous ayons une excuse valable pour mal jouer et, par nos frasques et nos émois de saule pleureur, attirer l’attention des medias avides de secouer le cocotier et de nous conduire droit dans un platane..
Effectivement cela a très vite senti le sapin entre nous car tu nous a tellement tourneboulés que notre fine équipe n’avait qu’une idée en tête : te retrouver car nos passes sur le terrain n’avaint guère la saveur des délices que tu nous a fait découvrir. Hélas, nous avons dû pêcher par orgueil et perdre le match de trop, ce qui arrive souvent pour un kiwi ou pour un qui dit non.
Maintenant nous sommes sortis de ce pourpier mais naturellement le Président n’était pas content, il en tremble de rage. Sequoia urgence, et l’homme à la main leste, notre ex-capitaine a dû aller s’expliquer en haut lieu car les infusions de tilleul ou de fleur d’oranger ne suffisent plus à calmer notre auguste en orme massif.
Si nous avions réussi le Mondial, ce qui m'aurait rendu baobab, personne ne se serait aperçu de rien et tout le monde se serait satisfait de cet alisier dans lequel nous nous sommes vautrés: retraite à 65 ans en douceur, la Générale aurait tranquillement pu continuer à nous prendre pour des pommes et la première fortune de France aurait pu continuer à frauder le fisc comme n’importe quel arbre de Judée.
Maintenant, si tu le veux bien mon petit laurier rose dont j’adore le petit bouton de rose, il me reste à me noyer dans les délices de Capoue en profitant de tes charmes à l’ombre d’un olivier ...
Cependant, tu dois patienter car j'avais de la haine pendant cette équipée: j'ai dû me faire opérer (de l'aine) et mon if ne pourra être opérationnel pour des passes savantes avant une dizaine de jours. Laisse moi le temps et thuya droit à mon coup de bambou...
Ton frêne éthique, Béri-Béri.
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