Piffuitt poursuit en conscience, sans désemparer ni débander, le dévoilement du concours amoureux, de ses mystères et de ses miracles. Il y a aussi des surprises inopinées qui ne peuvent se circonscrire au contour suivant...
Voile n° 9 : Le fiasco
Stendhal l’a décrit l’un des premiers : avant d’être bancaire, le fiasco fait partie des déchéances masculines plus ou moins impromptues et toujours inconvenantes.
Cette panne, bien connue surtout quand les vêtements sont ôtés, déconsidère son auteur qui rêvait d’une orbite en technicolor et dépite nos consoeurs. Elle est davantage liée à une insuffisance de l’imaginaire , voire à un hiatus entre la convoitise et la conquête, plus qu’à une réalité physiologique.
Naturellement, plus la panne est combattue, plus elle dure et moins le dard est dur.
Un conciliabule s’impose alors pour concocter une trêve des combattants momentanément convaincus de l’inanité de leurs efforts . Ils peuvent rêver , en compressant leur désir, de se prélasser sur une pinasse au gré des flots, constamment bercés par des mots en forme de roses sans épine, distillés de concert et sans compassion avant de se remettre en branle pour débiter un nouveau moment de concupiscence .
Après cette intense concentration qui rend pénible les préliminaires dont le parcours est parfois semé d’épines et de mauvais contacts, il peut arriver que, en manque d’épinards ou par excès de pinard, le dard s’amollisse faute de contenu.
Le constat est amer mais le fiasco consternant guette le mâle en mal de consistance et Piffuit, comme ses congénères bipattes, doit s’y résoudre malgré toute son ardeur de hardeur contrit sans qu’il soit possible de contourner ce contretemps en attendant que le convive impénitent s’aperçoive de l’épineuse évidence: il y a coïtus interruptus…
Il est ensuite recommandé, tout en contenant son émoi passager, de composter son billet pour un prochain voyage avant de succomber. Alors l'aubépine refleurira et les amants pourront convoler vers le 7° ciel ...
(à suivre...)
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