Voile n° 10 : Mots d’amour et de luxure
Piffuitt souhaite rendre hommage au poète Marcel Meriëm qui a produit une étonnante élégie érotique en dévoilant des associations inattendues de la panoplie amoureuse.
Il a inventé des verbes d’action d’une intense passion qui traduisent les immenses possibilités du langage en rapprochant des termes jusqu’alors peu usités.
Reste aux audacieux à les mettre en pratique en les enrichissant de tout le talent personnel dont chaque amant est capable.
Piffuitt les prolonge en donnant ses propres définitions qui alimenteront l’imaginaire d’amants en panne d’amande dont l’huile est cependant un ingrédient majeur dans les massages érotiques et la pâte un excellent aphrodisiaque… Les canetons et canettes y verront aussi la patte palmée d’un expert…
Ces verbes concernent essentiellement les deux pôles principaux de l’attraction amoureuse qui ont fourni tant de possibilités à la langue française pour se compiner en de multiples allégories. En un verbe, le ton est donné.
Avant de pinailler sur le second qui a pignon sur rut, commençons par le suffixe le plus consensuel, consubstantiel à tout commerce équitable entre compagnons de fortune conversant de concert pour consacrer leur commune concupiscence à travers ces quelques comp(t)ines pour adultes consentants:
Tu me combles : tout est dit dans ce verbe reconnaissant.
Tu me combraises quand tu m’échauffes les sens jusqu’à m’enflammer dans un feu d’enfer.
Tu me configures quand tu me fais découvrir les numéros gagnants de la jouissance : renversant !
Tu me complais quand tu minaudes langoureusement en me susurrant et manouchant des frissotis câlins avec des petits doigts ingénieux.
Tu me convexes quand tu me laisses en plan au beau milieu de la céleste montée vers l’acmé, dont certains allegros rejoignent l'allégresse du fameux opéra.
Tu me concaves quand tu me laisses boire à cette dive bouteille dont le pur nectar m’enivre sans étancher ma soif de toi.
Tu me conjures quand tes doigts me promettent une éternité de jouissance dans une lente montée en puissance.
Tu me compiles pour éclairer le chemin qui nous illumine.
Tu me congratules et me congratouilles quand tes dix doigts s’affairent sur tous les recoins de mon corps comme autant de fourmis électriques .
Tu me considères, surtout la première fois quand se révèle la finesse de ta dentelle intime et le ruissellement de tes vallées secrètes.
Tu me comprimes à chacune de tes étreintes en me laissant un beau cadeau mouillé.
Ah! mon vieux complice, en visitant ta pinacothèque, se révèle la richesse de ton for intérieur !
(à suivre…)
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