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Résumé: Piffuitt s'est suffisamment étendu, dans la première couche des généralités, sur les carences de la culture générale issues de l'école, qui l'ont conduit à un tel affaiblissemnt qu'il en a les nerfs alités. Il lui faut donc esquisser une typologie des gens cultivés tels qu'ils la vivent au quotidien.
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Les souillons qui pâtissent de ce bouillon de culture, brouet brouillon brouillé dès l'école, se répartissent en quatre catégories distinctes avec peu de types mixtes mais beaucoup restent patibulaires.
1- Piffuitt distingue les alphabêtes, c’est à dire ceux qui possèdent une culture générale invasive composée d’une douzaine d’onomatopées qui sonnent comme autant de viatiques aux relations de la vie courante :
« Bah, Beuh, Oin, Ouais, Neu, Sépa, Tartagueul, Ta1join ?, Kelpié, Enfoirés" et autres "Bjour, Rvoir, Biz », en version non passible des foudres de la censure.
L’automatisation du remplissage des chèques dans les commerces a été conçue à leur intention. Ils n’ont plus qu’à signer un gribouillis informe, alors que l’Afnor a produit des idéogrammes dans les lieux publics pour leur permettre de se repérer dans le maquis des métropoles: "sortie, handicapés, escalier, interdit de fumer, toilettes, etc".
Le dernier symbole graphique de ce jeu de l'oie à l'usage de ce public se lit "Pöle Emploi"!...
Piffuitt a pu aussi noter quelques sigles sans église connue : « VTFF (Va te faire foutre), RAF (Rien à foutre), PAMCMTEM (parle à mon cul, ma tête est malade). Ils indiquent une activité érotique intense pas très conventionnelle, avec ou sans préservatif, sans aucune exclusive sexuelle qui manifeste, comme les scientifiques viennent de le mettre en évidence chez nos cousins les chimpanzés, un excès de testostérone.
Nos autres cousins, les bonobos, déjà plus évolués vers plus d'humanité, préfèrent secréter de la cortisone et adopter des relations de coopération en toutes circonstances...Un idéal pour les Hommes du XXII° siècle ?
2 - Prétendument plus évolués, mais pas forcément moins agressifs, se rencontrent dans les parties à plusieurs (cartes, boules, sports, comités, partis politiques, confréries, assemblées savantes…), les telligents.
Ils comportent plusieurs degrés de "un" intelligent puis deux, trois, quatre et le nec plus ultra étant l’appréciation des êtres supérieurs quand est prononcée la reconnaissance suprême : « il est très cinq telligent »…
Généralement diplômés des grandes écoles, les telligents ont tout appris de l’art de commander sans tenir compte des avis des groupes considérés comme inférieurs, serviles et corvéables à merci. Ce sont des tyrans, le plus souvent « méchants », comme le signale Etienne de la Boétie. Ils jouissent de leur pouvoir de petits chefs pour harceler de ci de là leurs congénères qu'ils ont pour mission de gérer, ce qui génère quelques congères dans la circulation de l’information.
3 - Au dessus encore, se trouvent logés dans des sortes de jardins suspendus de la culture, les « bio-cul-tivés ». Ils lisent encore dans des livres en papier en se bouchant les tympans au son des arbres qui tombent dans la forêt au même instant, épluchent leur journal mais pas leurs fruits et légumes, et prétendent réfléchir par eux-mêmes mais plus en profondeur que les miroirs en s’y reprenant à deux fois, pour suivre le conseil de Cocteau.
Ils s’accordent sur une même pensée unique afin de réciter les antiennes récurrentes des axiomes et paradigmes d’une fantasmagorie magique destinée à conformer ceux qui les écoutent à l’ordre social. Ils proclament ne pas avoir la télé mais occupent les écrans pour déclamer leur expertise sur tous les sujets. A ces multiples occasions, ils n’ont toujours pas appris à dialoguer entre eux sans s’insulter au bout de quelques minutes.
On les reconnaît aussi à leur date de préemption limitée qui explique leur prix souvent prohibitif, constaté lors des conférences qui constituent l’essentiel de leurs sources de revenus. Ils se targuent évidemment d’être exempts d’OGM (Orgueil Gonflé Majoritaire) et de plaisirs populaires .
4 - Au faîte de la pyramide et destinés à diriger, se pavanent les « bêtas concours » qui deviennent donc des « managers ». Ils pratiquent le management rarement avec et le plus majoritairement sans ménagement. Celle-ci est la forme dominante, qui occasionne la pathologie fort répandue dans les lieux de travail, allant de l’absentéisme au suicide.
Par conséquent les contrats de travail devraient désormais porter la mention « Attention le travail est dangereux pour la santé, il mutile sûrement et peut tuer bien avant la retraite ». Laquelle est en passe, comme le Japon le projette, de la remettre aux calendes.
Le manager hérite d’une ménagerie souvent perturbée par de petites souris qui font des ravages auprès des chauds lapins, alors que se côtoient dans une même cage lapines de belle taille et chattes pas taillées pour la course.
(à suivre...)
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