Piffuitt est devenu addict à force de lire et d’entendre les louanges que la publigande dédie à notre grand homme . Il pense, il rêve, il se réfère, il agit comme notre grand homme dont il ne peut désormais plus se passer dans le présent comme dans le futur. Comme lui dit sa canette :"Eh ben, addict donc!"
Dès le matin, il allume la radio, branche la télé pour connaître les dernières déclarations du saint homme, boire ses paroles et s’imprégner de son image. Il recommande même autour de lui des conseils directement issus du modèle qui se démène inlassablement sous ses yeux.
Ainsi il demande aux dirigeants qu’il rencontre, et le paient à prix d’or pour de précieux conseils en tant que PDG de Marquis de Sade®, cabinet en communication, de ne plus commander, donner un ordre ou hausser le ton à leurs sbires de tous bords.
Au lieu d’ordonner, commander ou interdire, il leur fait répéter ce qu’il appelle la formule n°1 du « sarko de base » ..Ainsi il ne faut plus dire « faites ceci ou cela », mais bien « Voulez vous que je vous dise ce qu’il faut faire ceci ou cela ? ».
Il insiste même jusqu’à ce que ces dirigeants de haut vol dans (tous les sens du terme, surtout pour les banquiers qui viennent de se faire rappeler à l’ordre pour quelques peccadilles), dodelinent de la tête et des épaules, avancent itérativement la tête en avant comme un canard des chênaies, moulinent avec leurs bras comme les manivelles antédiluviennes des locomotives d’antan...
Piffuit est tellement addict qu’il pense sérieusement s’inscrire dans un centre de soins pour SSS (Sarko Sensibles Stressés), qui ne peuvent plus se passer de leur idole et ont cependant décidés de se soigner, sur le modèle des AAA (Association des Alcooliques Anonymes).
L’heure est grave car Piffuitt s’est d’abord fait éditer un T-shirt invitant les passants au regard ébahi à « Votez Sarko en 2012 ». Plus grave : par la suite il s’est fait tatouer sur chaque épaule emploi un « Travaillez plus pour gagner moins ! » qui, en se lisant dans un miroir un peu déteint, devient « Gagnez plus en travaillant moins ! ».
Sur le nombril, il a décidé d’accrocher un piercing éloquent en forme de bouclier fiscal qui lui sert de cache sexe. Sur la fesse gauche il a fait tatouer le visage de Carla et celle de Cecilia sur la fesse droite. Certains de ses potes riront car ils y voient comme un signe de lèche-majesté.
En voiture, il écoute susurrer inlassablement la bête (de scène) Carla, ce qui lui évite de faire des excès de vitesse : il s’endort même au feux rouges et il est brusquement réveillé par la vindicte publique de la res automobilans vulgaris.
Enfin, la nuit, il rêve de la drôle et rosse île d’Arros envahie par des bêtes en cour alors que l’une d’entre elles est photographiée en bikini au milieu des farc, guerilleros boliviens au visage sauvage.
Maintenant le mal empire comme un vampire qui se nourrit de ce sang impur. Chaque matin Piffuitt se réveille en sueur quand il sort d’un cauchemar affreux : son idole bat en retraite devant des hordes sauvages de gauchos qui prennent le pouvoir et déclarent la VI° République.
Il voit son idole répudiée sans retraite ni indemnité, condamnée pour l’éternité à diriger un fonds de pension muni d’un golden parachute….
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