- Résumé : Les lettres mises en pâture dans le cloaque de la publigande méritent une exégèse approfondie pour en saisir le sens et relativiser leur impact. Celle du Grand Modèle, imposée le premier jour de classe, déchaîne les passions pour tous ceux qui veulent s’approprier un éclat de gloire à grand renfort de cliques et de claques…
* Le Grand Sanhédrin se trouva tout remué par ces prétentions, considérées comme autant d’outrages au peuple juif martyr, alors que sa légitimité remontait au grand Napoléon 1° . Bien évidemment le grand Rabbin de France ne put contenir plus longtemps sa rage. Comment pouvait-on comparer la mésaventure de ce gamin au martyre incommensurable des enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale qui furent raflés, déportés et exécutés en nombre sous prétexte d’être circoncis car, en plus, les affreux leur faisait baisser leurs culottes courtes pour vérifier?
S’approprier ainsi les paroles d’un gamin communiste qui adorait probablement l'Antéchrist, c’était faire offense aux milliers d’enfants juifs qui avaient été réduits en cendres dans les camps de la Shoah, dont il ne fallait jamais oublier l’existence jusqu’à la fin des siècles et des siècles, amen, même si la fin du monde est programmée dans cinq milliards d’années.
Le peuple juif dont on connaît le pacifisme et la tolérance maintenant qu’il a capté la Palestine et continue d’étendre ses rivages ravageurs au-delà du Jourdain, était encore une fois oublié, méprisé, bafoué, nié, anéanti, injurié par la lecture de cette lettre, encore une fois voué aux gémonies par un Président oublieux de ses devoirs et de tout ce qu’il doit à la mémoire du peuple élu.
C’est même une atteinte gravissime à l’égard du peuple d’Israël, qui ne demande rien d'autre que d’avoir une existence paisible en tant que nation pacifique, et c’est même un cas de casus belli. Le grand rabbin finissait sa diatribe en demandant au divin guide de l’Etat juif , le fameux Bibi fricoteur, de mettre en alerte sa flotte de Mirage et de pointer ses missiles en direction de la France si le Président persistait à faire lire cette lettre diabolique…
Il doit être acquis une fois pour toutes que le seul génocide ayant existé en ce monde, concerne le peuple juif : les quarante à cinquante millions de morts cumulés des grandes guerres du XX° siècle sont peu de poids face aux six millions de juifs exécutés pendant la seconde guerre mondiale. Quant au martyre du peuple palestinien, les assassinats préventifs de ses leaders et les bombardements continus des populations civiles, le grand rabbin a préféré évacuer la question d’un revers de main en proférant un seul mot « terroristes »…
* Devant ce tir de barrage œcuménique, les politiques s’en mêlèrent aussi et le parti du Président, par la voie de son porte parole, habituellement si nuancé, demanda lui aussi avec véhémence de supprimer la mention « communiste » au profit de « gaulliste », sans aucune référence à une obédience religieuse et en vertu du fait qu’il était évident, en lisant entre les lignes, que cette lettre avait véritablement un souffle gaullien qui rappelait fortement les adresses du général en exil quand il parlait à la BBC.
Malraux avait donc bien raison de dire, tel un prophète visionnaire, que le XXI° siècle serait religieux ou ne serait pas…
Bizarrement, la dernière lettre vraiment ultime du Grand Modèle, griffonnée à la hâte, n’a pas été lue, certainement à cause de son caractère érotique qui risque heurter la sensibilité de notre belle et pure jeunesse .
Piffuitt en rappelle la dernière phrase , dans le droit fil de Tristan et Yseult, hymne à l’amour éternel et universel et non à la Résistance : « Je regrette de n’avoir pu t’embrasser. Mille grosses caresses »
C'est sûr que faire lire la lettre à thora travers, c'est moyen...
Rédigé par : E_mmanuel | 09 septembre 2010 à 21h39