- Résumé : Le plagiat est tendance. Certains vains écrivains concourent au Goncourt avec les encouragements des fins critiques qui ne se demandent même plus où est le bec : ils pensent en avoir trouvé un de très fin, moins divin que porté sur le vin. Piffuitt présente donc une idée remaniée de son auteur fétiche, Stephen Leacock.
...Or donc, canetons et canettes, voici où est le bec fin des repas entre amis…
Pour égayer les fins de repas entre amis, vous pouvez organiser un nouveau jeu de société qui se pratique dans la grande salle à manger, voire un salon. C'est très tendance pour égayer le prochain hiver: le rugby d’appartement.
Ce jeu consiste à organiser une entrée en mêlée avec les convives appelés les joueurs, un arbitre désigné avec un sifflet. Un verre en cristal et une petite cuiller en argent peuvent remplacer le sifflet, quoique une clochette fera aussi bien l’affaire.
Les convives sont invités à se tenir debout et se tiennent par la main en formant un cercle, et mieux un ovale, pour rappeler le ballon de rugby qui inspire (au début, avant d'expirer à la fin)) ce jeu de société.
Chaque convive est porteur d’un numéro qui sera tiré au sort au fur et à mesure de la partie…
Le joueur ainsi désigné est muni d’un coussin qu’il étreint sur sa poitrine puis, à la demande de l’arbitre, il se met à genoux au centre de l’ovale formé par les convives qui font retentir leur vivats de bonne tenue, quoique sans retenue.
Les voisins attirés par les clameurs peuvent aussi être invités à participer même s'ils ne sont pas certains de gagner. Il leur sera cependant d'apporter en écot une bouteille. Le champagne fera l'affaire ou, à défaut, un magnum de Petrus ou d'Yquem.
Au coup de sifflet de l’arbitre, tous les convives se précipitent sur le joueur en hurlant comme pour une mêlée habituelle dans ce jeu de gentlemen qui se pratique sans balle ni Chabal...Chacun sait que, pour cent balles on n'a plus rien qu'une vie de chien, mais sans balle le jeu s'emballe! Tous s’entassent férocement sur le joueur pour l’aplatir face contre terre et l'immobiliser jusqu'au coup de sifflet final de l'arbitre.
L’arbitre compte jusqu’à 90, avec ou sans chronomètre, quoique la vogue des Rolex permette de tenir un compte sinon plus rigoureux du moins plus glamour. L’arbitre siffle la fin de la mêlée au bout de ces 90 secondes fatidiques, puis le joueur étouffé est promptement évacué pour laisser la place au joueur suivant.
Un grand sac poubelle suffira à envelopper chaque joueur étouffé pour le compte. Alors, recueillis, les convives psalmodieront en choeur la célèbre tirade de Shakespeare devant celui qui expire: "Toubib or not toubib", quoique la présence d'un tel homme de l'art soit superflue à cet instant.
A la fin de la soirée, les convives valides pourront rentrer chez eux après s’être serrés la main pour manifester leur fair-play et convenir de prochaines retrouvailles…
Naturellement, entre temps, ils apprendront à respirer en apnée et à résister à l'oppression de lourdes charges. Les meilleurs, rescapés de ces joutes entre amis, constitueront d'excellents candidats pour ce nouveau sport introduit à l'occasion des prochains JO.
C'est un jeu qui a transformé Montaigne lorsqu'il recevait La Boétie à la maison. Dit-on.
Rédigé par : E_mmanuel | 20 septembre 2010 à 09h00