Résumé : Socrates a de l’affection pour le petit Sarcohidès, jeune éphèbe ambitieux qui prétend avoir un destin présidentiel dans cette République ou dans une autre, à 24 siècles de distance. Piffuitt a retrouvé dans de vieux grimoires un de ces dialogues entre ce jeune sophiste et le Maître péripapéticien, fondateur de la maïeutique, quelques jours avant sa mort en 399 avant notre ère….
Socrates : Alors, mon petit, maintenant que tu as conquis le pouvoir…
Sarcohidès : Je suis content de voir que vous accédez, Maître, à cette idée (En réalité il était fou furieux que le Maître ne finisse jamais ses phrases)... Eh bien je me demande comment faire pour le conserver…
Socrates : Tu dis vrai : c’est le plus difficile…
Sarcohidès : Vous confirmez ce que je pressentais: le plus difficile dites-vous, Maître ?
Socrates : Oui..
Sarcohidès : Maître, quel conseil me donneriez vous dans ce cas ?..
Socrates : Crois-tu vraiment que, si tu es cet homme d’exception, ce tyran qui accède au pouvoir et qui, donc, a renoncé au dialogue ainsi qu'à tout mon enseignement pour y parvenir, crois tu donc vraiment, mon tout petit, que je puisse te conseiller pour le conserver ?
Sarcohidès : C’est vrai, cela devient mon affaire...
Socrates : Oui...
Sarcohidès : Maître, si je vous comprends bien, vous m’incitez à réfléchir sur les conséquences d’un tel pouvoir absolu qui corrompt autour de moi ceux qui m’y ont aidé et peut être aussi.. moi-même ?...
Socrates : Exactement !...
Sarcohidès : Dans ce cas l’histoire des tyrans que vous nous contez montre que, au fil du temps qui s’aiguise comme un rasoir, les difficultés s’amplifient, les traîtrises se font jour, les défections se multiplient, les plus fidèles disparaissent, et le peuple commence à gronder …
Socrates : Tout cela est exact
Sarcohidès : Mais, Maître, je veux des réformes!
Socrates : Illusion, mon petit…
Sarcohidès : Maître, il s’agit de réformes nécessaires pour marquer mon temps…
Socrates : Elles le marqueront, certes, mais pas forcément dans le sens que tu imagines…
Sarcohidès : C'est-à-dire ?...
Socrates : Réfléchis par toi-même...
Sarcohidès : C’ est ce que je fais, pauv'...Maître!...
Socrates : Trop vite!... Et tu agis de même sous l’impulsion du moment…
Sarcohidès : J’en prends note. Maître, il faut réformer pour gouverner et rentrer dans les livres d’histoire…
Socrates : Oui…Tu voulais un conseil ?...
Sarcohidès : Je le sollicite volontiers, Maître…
Socrates : Eh bien, parfois, le sage doit savoir... battre en retraite….
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