Piffuitt a eu un premier patron ( paix à son âme) qui répétait : « marcher c’est courir un risque ».
Un jour alors qu’il avait pris le risque de prendre le volant, il a grillé un stop et tué un confrère automobiliste qui passait par là, ce dernier fut condamné avant d’être jugé et le premier fut damné pour le reste de ses jours. Inconsolable…
Piffuitt se souvient de la leçon et depuis un mois il vit un véritable cauchemar comme nombre de touristes qui ont omis de prendre une assurance tous risques avant de sortir le nez de chez eux, néamoins tous ne sont pas morts mais tous ont été frappés.
Si Piffuiit décide de rester chez lui car il redoute un camion fou qui explose dans son enclos, il risque une explosion de gaz réduisant à néant son poulailler.
Ayant réussi à échapper à cet enfer de Dante il reste sur les dents car la vague de neige de décembre l’a reclus dans son airial.
Quand il voulut en sortir il fut bloqué sur une route improbable par un mur de congères comme un certain nombre de ses congénères en goguette.
Il attendit le redoux comme un dur à cuire et décida de monter dans un dur qui, mollement, se transforma en train fantôme qui n’atteignit sa destination qu’après vingt quatre heures de galère.
Méfiant, il décida de choisir l’avion la veille de Noël mais mal lui en prit. Il passa trois nuits et trois jours dans un aéroport bloqué par une série d’impedimenta indépendants de la bonne volonté des autorités incompétentes. De surcroît ses bagages avaient disparu en chemin mais, fort d’une expérience passée, il gardait toujours avec lui un peigne et une brosse à dents…
« Bigre », se dit il, « fuyons ces cieux incestueux souillés par la colère de Jupiter, allons dans le désert pour prendre un bol d’air frais dans le souffle chaud du Sahara, loin de la civilisation et de ses embarras de circulation ». Il crut, avec une telle résolution, que le risque disparaîtrait. Or, en ces lieux d'or et de sable, Allah veillait, alea jacta est….
Il ne dut qu’à son statut de canard boiteux et à ses simagrées d’ahuri d’échapper aux sbires d’Al Qaida qui avaient décidé de le prendre en otage, sans doute pour agrémenter leur potage avec de la graisse de canard ou s’offrir une goulée de caviar .
Piffuit revint donc dans ses bois, havre de paix dans les pins s’il en fut.
A son approche des palombes sans doute s’envolaient en masse pour se percher un peu plus loin…Il se promenait sereinement quand, au détour du chemin il aperçut l’horreur : une cavalière auréolée du dernier rayon de soleil du jour faiblissant, pendue à la branche basse d’un chêne tandis que, à ses côtés, son canasson broutait paisiblement l’herbe tendre de ce doux hiver à haut risque….
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