Les psydolâtres voudraient bien restaurer leur idole dans toute sa splendeur et rejeter d’un revers de main les critiques de ceux qui ne croient ni aux exploits du petit jésus quand il était grand, ni au père Noel, ni au maître viennois délirant, découvreur de l’inconscient, inventeur de l’oedipe, friand de fariboles extravagantes débouchant sur des explications tirées par les cheveux emmêlés par des noeuds libidinaux.
Après un long somme, Piffuitt se risque à sortir de sa torpeur printanière . En somme et pour résumer leur pensée tortueuse pleine d’explicitations aussi dogmatiques que fantomatiques à base de concentré de pensées toutes faites dans des têtes torturées, onfray mieux de ne pas bousculer le grand homme autoproclamé. Celui-là même qui rêvait de coucher avec sa mère tout en fantasmant sur elle mais couchait bel et bien avec sa belle-sœur tout en négligeant sa propre femme depuis qu’elle était devenue mère.
Amoureux déçu éperdu de remords et rongé par de multiples maux, il rédigeait des lettres enflammées à sa belle tout en écoutant ses patients et surtout ses patientes dont il s’ingéniait à déflorer l’épais mystère et boulle de gomme en passant à côté du point g .
Cette géniale découverte lui aurait pourtant évité bien des ratiocinations et des jugements péremptoires sur ce beau « sexe à qui il manque quelque chose" et possède une tare insupportable : celle de « ne pas se voir en train de pisser » (selon une vibrante zélote du Maître), apanage masculin unique s’il en est !
Piffuitt préfère passer sur de telles interprétations frappées du sceau de l’inconscience absolue.
En foi de quoi, la petite histoire suivante prend tout son sens. Piffuitt se régale en vous la contant...Pour un euro comptant, c'est un heureux content...
Or donc, Aubin, qui n’est pas des bois, est cependant un enfant surdoué de 5 ans dont les parents sont convoqués par la maîtresse de maternelle, très inquiète des perturbations occasionnées par ce petit génie. Il faut d’urgence lui faire voir un psy.
De sexe féminin, celle-ci encore acnéique mais aussi dogmatique et péremptoire que son divin maître, porte des lunettes et fait passer les tests idoines à notre cher Aubin accompagnée de sa mère. « Marie Jésus, Anna, Françoise et tous les Saints » s’écrie la psy myope comme une taupe, ce qui n’augure rien de bon de son regard acéré trempé dans la pschittanalyse.
Elle déboule en trombe dans la salle d’attente et interpelle céans la mère du chérubin Aubin urbain jusqu'à la pointe des sens.
« C’est là quand et comme je vous le dis, Madame ! C’est vrai votre fils est un surdoué qui doit pouvoir sauter deux classes et rentrer en CE1. ..
Mais, par contre, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer…. Voyez vous-même le dessin qu’il m’a fait : un tout petit père tout noir dans un coin de la page, totalement écrasé par une grosse mère toute blanche qui s’impose et se propage sur toute la page !..
Ce pauvre petit souffre donc d’une image maternelle dominatrice, quasi anthropophage, qui lui fait nier complètement son père. Pensez, Madame, que c’ est très grave pour sa maturité. Cela dénote un sentiment de frustration, voire de castration intense devant une mère hypercarnivore qui a réduit à néant la virilité de son mari, votre époux, son père donc et menace terriblement l’identification sexuelle de ce pauvre garçon qui ne pense qu’à une chose: être séduit par sa mère et tuer son père.
Or pour réaliser cet désir oedipien, il réduit lui-même à presque rien son père et le néantise doublement en le rapetissant et en le coloriant en noir - vous vous rendez compte!?- pour affirmer encore davantage ce meurtre symbolique qui lui permet d’attirer les faveurs de sa mère, vous Madame en l'occurence, comme le prouve bien ce dessin. Il y a un gros problème à un niveau subliminal et infraconsciencient qui risque brutalement surgir dans des manifestations psyhosomatiques concomitantes..."
« C’est vrai » répondit la mère d’Aubin : « Il y a un vrai problème comme vous le constatez vous-même…. Savez-vous que mon mari est Congolais et mesure un mètre soixante, alors que moi je suis bretonne, un mètre quatre vingt quinze et cent trente kilos? …».
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