Pour éviter les toquards de tous poils, il faut effectivement trier, triturer, torturer, tortorer et mouliner pour obtenir des quotas de ceci, des quotas de cela, des tacots d'ici et des taquets d'ailleurs, des mecs ou des mèches qui réussissent dans un domaine quelconque jusqu'à ce que le coquin de sort les rattrape comme des statrapes ou des nigauds.
Dans les beaux quartiers, la sélection est naturelle et le QI augmente grâce à la bouillie chic et choc délivrée en mode ANP (Auteuil-Neuilly- Passy) : éducation smart, lycées élitistes, cours privés cher payés, sorties huppées, voyages lointains et rallyes entre jeunes de bonne compagnie...
Autour de cette NAP de soie accueillante, les cervelles éclosent avec un zeste de culture générale et malgré la télé endogamique qui sert un peu de contrepoids à cette fulgurance élitiste, les diplômes prolifèrent pour propulser ces chères têtes blondes et ces fronts ceints de lauriers vers un bac+5 sans histoire mais à la géographie limitée.
Et les autres alors ?
Ceux qui vivent dans la chape du 9.3 sans échappatoire, des quartiers et banlieues qui n'ont pour seul horizon qu'une défonce sans espoir et un pôle emploi démuni, certains -tels des rats de laboratoire- font l'objet d'une "discrimination positive " aussi inepte qu'hypocrite ; ils sont présentés à l'Ecole Polytechnique. Après 20 années de discrimination effective ( lycées abandonnés aux soins de profs sans formation, groupes de voyous nivelant par le bas, désertion des forces de l'ordre et exil des activités et services de l'Etat) et malgré une année préparatoire, la tentative donne une réponse cinglante aux rêveurs: 15 recalés sur 15 dont un seul admis à l'oral!
En effet, comme les études scientifiques le démontrent, tout est joué dès les premières années quand un gamin est laissé seul devant la télé plusieurs heures par jour, son état hypnotique est tel qu'il cumule très tôt un retard de vocabulaire, une pauvreté de langage, un déficit affectif, une pauvreté d'analyse et au final un large trou dans son QI ainsi que de fortes probabilités de troubles de santé ultérieurs. C'est compensé en partie pour les NAP, c'est aggravé pour les autres.
Le gamin ainsi abandonné est devenu une éponge à dégurgiter un succédané de communication via des borborygmes, des onomatopées, des sms et des phrases choc typiques d'un lémurien atrophié par son passage dans l'univers de la BD: ouf, bof, à donf, beurk, sépa, céki, cékoi, zob, meuf, vat'fer'fout,, enfoiré, cas'toi pauv'con, ou des initiales dignes d'un radio crochet d'unijambistes décrébrés: hs, mdr, lol, ump, (uniquement ma pomme) ...
Pour les rêveurs sans avenir et les SDF ( sans diplôme ni formation) sans futur, l'autre voie consiste bien sûr , pour éviter les affres du Pôle emploi et de son RSA, les petits boulots sans lendemains qui chantent et les deals d'une cité crasseuse , à se faire remarquer pour avoir une chance de jouer les stars du petit écran ou les dieux du stade...
(à suivre...)
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