« Eh moi, je ne veux point m’embarrasser de femme et crois,
en bonne foi, que vous feriez bien de faire comme moi »
La prophétie, mi-prédiction mi-anathème de Molière dans les Femmes Savantes est en voie de réalisation : il est possible de reproduire la vie et de donner naissance à un bébé grâce à un utérus artificiel sacrificiel.
Mesdames, et vous les mères de tous ces marins, vous nous avez tellement donné le mal de mère à force de nous faire tanguer sur le bateau ivre de vos désirs inassouvis, depuis le temps que vous avez pris le pouvoir et nous retenez entre vos mains expertes pour nous obliger à faire des choses que la morale réprouve, ce temps béni est en passe de s’achever .
Enfin nous, les hommes, si mâles aimés par vos égos inégaux, nous allons pouvoir vivre entre nous, diriger entre hommes et caresser des espoirs d’avenir entre mâles, honni soit qui mâle y pense . Enfin seuls !
Nous allons enfin pouvoir procréer en choisissant les ingrédients qui feront de nous les surhommes que la modernité exige sans pleurs ni peurs, sans fleurs ni leurres, débarrassés des scories affectives que les éternelles pleurnicheries féminines nous collent dès les premiers instants de la fécondation. Finies les peurs et les phobies, fini le complexe d’Œdipe, oublié le cordon ombilical.
Enfin une couveuse neutre, aseptisée, soigneusement régulée, sans l’envahissement aléatoire d’hormones antagonistes à l’origine de toutes nos folies meurtrières, de nos dépravations et de nos humeurs massacrantes! Enfin des embryons lisses comme un œuf tout neuf !
A terme nous pourrons nous exiler sur une planète lointaine pour fonder une nouvelle humanité homogène sans passion ni faiblesse en ayant perdu le souvenir de ces femmes qui affaiblirent notre civilisation sous prétexte de parité et de partage des tâches. Romantisme d'un autre âge!
Aucun nez féminin ne changera plus le cours de l’histoire, aucun bûcher ne verra consumer l‘âme d’une pucelle, aucun pays ne souffrira sous la férule d’une Catherine ou ne s’étiolera sous la pudibonderie d’une Victoria. Aucune Monika n’enfumera plus le Président des Etats Unis, aucune Carla ne tournera plus la tête d’un Président au risque de le faire devenir chèvre, au pis à lait il eût tété une bourrique …
Les Livres Saints voulaient nous délivrer du mal et nous châtier dans les flammes de l’enfer. La science triomphante de ce XXI° siècle époustouflant, après ses apothéoses technologiques et ses explosions géniales veut nous délivrer des femelles pour accoucher d’un homme parfait. Que son siècle arrive !
Piffuitt l’attend de pied ferme ce siècle des lumières. Il n’en rabat ni son caquet ni son coin-coin, car il se dit, du fond de sa basse-cour que l’exploit a déjà été réalisé avec ses congénères, poules et canards, petites dindes et gros dindons, acortes pintades et tendres pigeons confondus, tous conçus in vitro …
Depuis lors, ils finissent tous à la casserole….
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