Piffuitt a décidé, l'hiver venu après avoir passé tout l'été à coincoinner à tort et à travers, rouge de colère parfois, bleu de mes tilaines souvent, de prendre une décision courageuse mais qui lui coûte beaucoup.
Il ne peut plus nourrir ses quelques dizaines de canetons accumulés dans l'airial avec la complicité bienveillante de canettes enamourées, d'abord enchantées d'un tel prodige, mais très vite dépassées par l'appétit dévastateur de leurs rejetons.
Lesdites canettes ne peuvent guère en vouloir à leur éminent bienfaiteur ruminant ses noirs desseins en comtemplant les divas aux seins clairs, qui leur assure, là où il habite, le gite et le couvert feuillu des chênes centenaires de l'airial.
Elles, qui ne sont plus des oies blanches, ne peuvent non plus en vouloir au ci-devant président qui avait offert un emploi fictif à l'un des fils du Maître.
En effet ce volatil volatile a décidé de voler de ses propres ailes pour rejoindre un Empire qui revendiquait le milieu et, maintenant, prétend devenir le centre du monde, son alpha, son oméga et le bouche-trou goulu des finances en lambeaux d'impécunieux satrapes nigauds qui ont longtemps confondu allègrement l'intérêt de leur pays décadent et les leurs propres -ou plutôt sales- à force de fricoter avec des financiers, des affameurs et des esthètes en mal de valeurs boursières qu'ils acquièrent tel Attila en laissant autour d'eux un champ de ruines, peuplé des dépouilles des miséreux qu'ils font maintenant crouler sous des plans d'austérité savonnés comme les planches des lavandières du Portugal qui découvrent finalement que le bon temps appartient bel et bien au passé.
De leur côté décoté en Bourse, les Grecs qui n'en peuvent mais restent, comme leur égérie la Vénus de Milo, sans bras et surtout sans voix...
Les Italiens, quant à eux, sont propulsés sur un Golgotha digne de l'enfer de Dante pour jouer les Sysyphe après avoir écouté avec idôlatrie le fifrelin de leur pâtre qui les a conduits de Charybde en Scylla, puis envoyés ad patres après s'être envoyé en l'air avec toutes les lolitas du pays...
Bref, alors qu'un monde s'écroule et que les bourses plongent sous le poids de l'incurie de nos gourvernants politiquement plus incorrects les uns que les autres, ce n'est même pas utile de faire des copé-collier de chien de garde, de la peine à la marine, de chercher des vils pins de hollande dans le beyrouth décadent ou que les va-joli-va-t-en guerre contre le nucléaire défilent en rangs clairsemés contre un amateur de saucisson-bière sénile, pour découvrir avec effroi que le froid de l'hiver sera rude.
Or donc Piffuitt a pris une décision courageuse en ces temps de crise et de critique. Il imagine fort bien bien le tollé rance qu'il va susciter auprès des zélotes zélés de la tolérance.
Il profite de l'audience qui lui est donnée pour mettre en vente ses enfants en garantissant aux acheteurs que ces volatiles palmés et dotés d'un superbe plumage seront les boncoincoins dociles et tendres lorqu'ils seront transformés en magrets et confits.
Certains pourront choisir de faire des risettes avec les rillettes, d'autres de déguster, les dimanches honteux, les dits manchons découpés les vendredis avec l'aide d'un Robinson fraîchement débarqué de son île. D'autres enfin pourront choisir d'être plus discrets pour éviter les cancans et les émois que leur achat pourrait engendrer.
Tous peuvent faire une offre désintéressée à Piffuitt pour éviter l'intolérance qu'une telle vente pourrait susciter chez ceux qui ont déjà vendu leur âme au diable, tous ces charpentiers dont la poutre écrase sans vergogne la paille du voisin dans lequel mes chers canetons font leur nid.
Un détail: ces jeunes canetons élevés sans OGM ont droit au label rouge, quoique écolos de naissance.
Par les temps de publigande qui courent, je redoute même que personne ne se plaindra dans la presse de voir disparaître le canard des chênaies.
Rédigé par : E_mmanuel | 17 décembre 2011 à 20h27
Et moi Emoi et moi ?
Rédigé par : Le petit chap(er)on rouge | 25 décembre 2011 à 21h10
Cémoi, c'est mieux pour l'intolérance à la frustration
Rédigé par : kindo | 26 décembre 2011 à 19h08