Mélancholia: pour intello, très bien.
Voici la version HLM imaginée par Piffuitt...
Deux soeurs vivent dans une triste HLM entourée par des terrains vagues parsemés de carcasses de vieilles bagnoles. Elles squattent le 13° étage d'un appartement délabré en compagnie du mari fauché et phtisique de la cadette et de son gamin mongolien.
Aujourd'hui, c'est jour de fête. L'aînée a réussi. Elle est caissière au Lidl du coin et a invité son patron à la noce. Oui, elle va se marier. Sa petite soeur a fait les préparatifs de mariage et le voisinage s'est cotisé pour les cotillons.
La bière coule a flots et tout ce petit monde s'est réuni sur l'esplanade en bas de l'immeuble pour offrir un buffet à la mariée. Sardinade et merguez sont au menu. Le père de la mariée, un peu coquin, s'amuse à chiper des cigarettes aux invités tandis que les mariés tardent à venir se joindre à la fête. La mère est une vieille mère maquerelle pleine de haine qui débite sa bile débile et personne ne veut l'entendre.
Finalement apparaît, dans un crachotement, le vieux Vespa du marié avec sa dulcinée en jeans et dreadlocks. Vivas de la foule et cannettes pschissotantes redoublent d'ardeur.
De plaisanteries fines en galéjades, chacun y va de son laïus et, à la stupéfaction générale, le marié fait sensation avec un joli discours de derrière les fagots. Normal, il est vendeur chez Darty...
La mère de la mariée se prend de bec avec son ex qui accroche des sardines dans le dos de ses morues qui s'esclaffent en le traitant de gros cochon. Pour se faire pardonner, il leur sert des merguez qu'elles avalent goulûment à genoux, lui debout dans les cailloux...C'est chouette car hibou quand il est chaud comme un lapin en goguette alors qu'un drame attique se noue sur un air de sirtaki. L'angoisse monte comme lorsque Eve croquait la pomme...
La mariée a disparu brusquement et reste introuvable. A son retour, bien après minuit, elle décide de se refuser à son époux et de démisisonner de son boulot en traitant son patron d'enfoiré.
Elle en profite pour violer le premier bourge venu et se réfugie derechef et définitivement dans l'appartement devant la télé, plus muette qu'une carpe diurne.
Fin de l'acte 1
Après la noce, les deux soeurs se retrouvent devant la télévision qui diffuse en boucle des images terribles de fin du monde. Une guerre nucléaire est sur le point d'éclater, un astéroide se précipite sur la terre, un tsunami gigantesque est en train de déferler sur les cinq continents, ou encore les talibans ont décidé de rééditer le 11 septembre en XXLLL supplantés par un groupe non identifié qui menace la terre d 'un Armageddon sanglant.
Toutes les chaînes en folie rivalisent de catastrophes pour doper l'audimat tandis que les mille et une nuits du qatar sont débitées en strophes longues comme des jours sans fin. "Heureux qui sait la fin!" clamait Victor Hugo.
Là, on ne sait, mais toute la famille est emplie d'une sainte terreur devant une inévitable apocalypse aux multiples options sataniques. Tous les voisins, affolés et vibrionnants en contre ut , fomentent un immense chahut sur fond de techno alors que le ciel se voile, le tonnerre gronde et les rumeurs les plus démentes et non démenties circulent alentour.
Le chef de famille essaie de rassurer son petit monde, mais en vain. Pour changer d'air les deux soeurs vont faire un tour dans le terrain vague pour s'exercer au rodéo avec leurs mobs...
Devant ce big-bang annoncé, l'ex-mariée démissionnaire sort doucement de sa mélancolie alors que sa soeur est de plus en plus terrorisée.
Revenues devant leur télé qui passe en boucle des images tragiques d'un monde en fin de vie, la cadette constate que le chef de famille a préfèré se jeter par la fenêtre laissant en plan sa ménagerie: sa femme, sa belle soeur et leur petit garçon.
Seuls les fous et les enfants savent affronter la mort et surmonter leur angoisse, alors que cette cadette qui a tout pour mal vivre des fins de mois difficiles dès le 1° du mois, panique devant la fin inéluctable qui s'annonce...
Réfugiés sous un drap de lit au milieu du salon, ils attendent tous trois dans le froid et l'effroi le souffle brûlant de l'apocalypse qui, geyser géant sur ces gisants, les emporte dans le néant...
Fin du film
.... Vous êtes dubitatifs ?
Piffuitt se doutait bien que la transposition, çà le ferait pas!
Bon, alors, allez voir la version de l'adorateur du führer qui fit fureur à Cannes et vous comprendrez pourquoi, de guerre lasse, c'est guère mieux dans sa mélasse, méli-mélo léché à l'or (pas toujours) fin, milliardaire, limousine, château, golf 18 trous et poncifes à gogos...Mélancolie, cola de l'âme.
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