Ouf! Après avoir épuisé la lettre A, c'est kif kif pour la suite même sans toubib pour la tête ni ouléma pour la foi puisque Piffuitt a décidé d'éclairer ses canetons lecteurs en soulignant les mots arabes pour éviter les quiproquos..
Décidé à un voyage initiatique dans l'univers des mots arabes, Piffuitt charge donc son barda sur son bardot pour un dernier baroud d'honneur qui le mène fissa, en compagnie d'un drôle de lascar, dans un douar parsemé de gourbis à l'ombre de baobabs majestueux où sont perchés des sacres..
Heureux comme un nabab cramoisi par le soleil, il découvre une guitoune de la casbah tenue par un bédouin en keffieh, chaussé comme un vrai cador en babouches pesant son quintal. Celui-ci lui offre au tarif de quelques maravedis, c'est à dire pour pas bezef, un lit à baldaquin voilé d'un macramé comme on en trouve dans les plus beaux ksars..
Il s'allonge sur un matelas de camelote en dégustant un fruit bon comme une romaine suivi d'un caoua sucré au candi bien meilleur que le café de George Clooney à la chimie douteuse.
Il rêve alors d'un massage prodigué par toutes les houris de son harem virtuel, toutes enduites de henné, parfumées à l'huile d'argan, alors que les clebs alentour donnent de la voix comme pour célébrer le ramdam...
Puis il enlève son caban, sa chemise, sa gandoura et sa chéchia pour les poser dans un couffin avant de sombrer dans un sommeil bien calibré peuplé de djinns et de goules, pour clore cette journée d'anthologie. Prudent, il dépose sa matraque auprès de lui à proximité de sa raquette: c'est mieux qu'un talisman pour éviter une razzia.
Débarrassé de ce fardeau, sans tambour ni trompettes, il souffle la bougie avant qu'elle se consume en chiffre. Il fera jour demain pour les lettres suivantes accompagné par le soleil jusqu'à son zénith.
Parler français sans ostracisme et sans faire le zouave n'est pas si simple pour un roumi, d'autant que les mots arabes, déjà imprégnés de multiples influences étrangères, comportent beaucoup de faux amis. Cette démonstration a-t-elle avancé d'un chouia ?
Rassurez-vous, Piffuitt n'est pas mesquin: il a encore un plein stock de mots arabes en magasin et garantit le truchement de ce drôle de coran coufique sans que vous, amis canetons, ayez à donner le moindre flouze...
Seul un vieux cheikh comme ce canard des chênaies, tantôt kafir tantôt fakir peut oser inventer un tel élixir sans risquer le grand schisme...
A l'issue de ce détour dans les méandres de la péninsule arabique des mots, Piffuitt espère que ce n'est plus la peine d'insultes ignobles.
Ceci est son dahir pour des relations apaisées précédées par les salamalecs d'usage au son d'une nouba!..
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