20 mars 2006

CPE: lettre de recommandage

Monsieur le Directeur

Mon pote  Loulou Duval vient de vous écrire pour postuler à une fonction de Directeur de Sécurité.

Vous avez pu remarquer ses talents au Quartier latin comme il vous l’avait promis.

Je serai donc  heureux que vous preniez sa lettre avec le  plus grand sérieux.

Pouffer sous votre cape, même ôtée  ou en forme de hotte du Père Noël,  et surtout  mourir  de rire sont autant de signes réactionnels (hein con !) venants fort malte (malgré la croix) à propos.

Ils   vous seraient fatals, d’autant que le gaz hilarant qui pourrait se trouver dans ma prochaine missive, si d’aventure la présente ne produisait pas l’effet escompté à 100%  (taux généralement garanti par votre banque dans ses plaquettes publicitaires) permettrait une rapide succession qui comblerait d’aise l’affreux Iznogoud,  lequel est certainement tapi dans l’ombre des  ors de vos tantes  huronnes  et dans les dédales de votre organigramme .

Je ne voudrais  surtout pas vous effrayer, mais vous devez être persuadé qu’une fonction  de direction générale au sein du codir serait un excellent poste d’observation qui conviendrait à mon protégé Loulou Duval pour débusquer ce loustic .

Souhaitant que vous puissiez   accéder à ma demande, et en gage de bonne volonté pour sceller notre accord , vous pouvez ristourner ma commission pour cet arrangement entre amis,  correspondant à    un  an de SAB de la fonction,  sur mon compte suisse numéroté.

Bien évidemment, il serait plus convenable d’accorder immédiatement à votre nouveau collaborateur  un CDI avec garantie d’emploi à vie, une dotation de stock  options conséquente,  une voiture de fonction  ( la dernière Aston Martin ferait l’affaire), une suite permanente au George V,  un yacht sur la Croisette et tout bonus que vous jugeriez utile ,   plutôt qu’un incertain CPE.

En effet,  les avantages de ce dernier,  indiqués par le Premier ministre, ne m’ont pas  tout à fait convaincu  Comparez par ailleurs avec ce que pourrait vous  coûter un jour de casse avec le concours de nos partenaires actuellement occupés à la Sorbonne.

Signé 

Ben  Honoré  Laden , alias Omo

(ne pas confondre avec l’autre BHL qui a aussi son compte bien caché par un fil d’Ariane et quelques antécédents au Boul’mich’ en 68 )

27 février 2006

Bio d'un Blogueur Blagueur

Blogtrotter Privé de légo quand il était petit et confiné dans sa carrée par un père abusif et une mère allusive, ce petit mal-traité qui deviendra plus tard un manuel de bonne conduite, ni à gauche ni à droite, mais plus souvent en état d’ivresse logorrhéique, se réfugia très vite dans ses pensées quoique la panse évidée.

Ainsi conçut il  sa raison de vivre : blogue aujourdhui et garde toi de débloguer demain !  Il en vint ainsi à des jeux de vilains blogs, à des billets tout d’humeur contenue, nimbée des halos d’une carrière de communicant qui ne sait ni quoi, ni  pourquoi ni comment. Heureusement Nicky le comprenait : il en fallait de la patience pour cette amazone (les tables sont en bois de ce pays pour une fée du débit) pour le supporter alors qu’il connut une phase aiguë qui le conduisit à débloguer en pleine nuit.

Son blogisme s’était déclaré à l’âge où d’autres apprennent l’alphabet et il multiplia les blogs,  alors que ses petits camarades qui voulaient tant le bloguer sur un écran dans un coin de la salle informatique ânonaient leur table de multiplication . On l’apercevait même parfois en culottes courtes monter des blogs de béton avec son oncle franc-maçon. Pour le certificat d’études ses blogs sur la Marseillaise furent repris en choeur par sa classe pour la remise des prix  et il n’eut droit qu’à un accessit qui le fit bégayer un vague bloguement.

Admis  en mat sup, (oui, oui après un blog scientifique !) il inventa le blog créatif, sorte de phénix (pénis ?) qui renaissait chaque matin des cendres chaudes de ses cauchemars nocturnes.. Il passa ensuite au blog professionnel grâce à une pratique quotidienne  de blogs ménagers  qu’il réussit à automatiser à l’aide de configurations neuronales qu’il activait à chaque rencontre avec ses adeptes . Comme il en rêvait toutes les nuits, sa production s’accrut à tel point qu’il décida d’en faire commerce, faute d’autres charmes personnels.

Il dut alors acquitter toutes les taxes qui incombent à ces professions libérales auxquelles le fisc est si attentif pour tondre les inconscients qui s‘y aventurent: la TVA, la Taxe sur la Vanité Abusive; la TIPP, la Taxe Internet pour les Producteurs Prolixes, l’IRPP, l’Imposition Régulière des Plaisanteries Polissonnes, l’ISF, l’Impôt Sidérant de Fiction,  la taxe d’habitation pour ses rêves qui l’habitaient, la taxe sur les locaux (réservée aux espagnols fous). Evidemment il fut passible de la taxe spécifique appliquée à tous les blogueurs qui tournent en rond avec leurs adeptes sur un blog, la fameuse TP, Taxe Péripapéticienne.  Comme il débloguait au carré aussi au milieu des bois, il eut droit, sans qu’aucun biais (rond, triangle ou autre losange)  ne lui permit d’y échapper , à la DFCI, l’impôt sur la Défonce Facétieuse Contrevenant à l’Insignifiance. Devant cette avalanche, il dut renoncer aux brouillons pour s’exonérer de la taxe sur les ordures ménagères et souscrivit à l’Agenda 21. Pour éviter tout risque supplémentaire d’imposition, il abattit le prunier  de son jardin et élimina le massif de pervenches dont il était si fier. Enfin pour pallier tout faux pas, il renonça aux bals de villages dont il était si friand ainsi qu’aux apéritifs servis avec des amuse-gueules. C’était honorable de sa part évidemment.

Il commençait à s’amender et pour réussir dans cette folle entreprise, il dut perfectionner son art dans une école de  commerce de ronron (pardon, de  renom, je confond avec mon chat, qui s’entend mal avec mon bull-blog) . Il en fit d’un coup vingt cent et puis des mille dont certains devinrent câlins et même s’il vit parfois plus loin que son bey, ne dicte jamais plus d’un blog à la fois à son MP3,

Dès lors il fit des blogs en grand,  complètement obsédé par sa passion dévorante. Il ne fit pas les choses à sa moitié : il lui préféra des blogs  et, dans la moiteur de la nuit, il lui en fit voir de toutes les couleurs . Couché avec un blog en tête, il se levait avant le chant du coq pour ne pas être trahi et rivait un œil dans le judas pour éviter tout espion,  Alors dans le camp du choc, il débitait à tout va le blog entier qui avait hanté sa nuit.. Un matin, on l’entendit même débloguer sur une radio inter : dites moi, Monsieur le Blogueur, ce qui arrive aux blogueurs quand ils se marient ? insista sans abdiquer le journaleux en se marrant.

EPIBLOG :
Finalement, ses filles eurent sa peau : Line commandait ses repas par blogs et la petite, l’autre, était perdue depuis longtemps entre les blogs de son père et les blagues de sa mère.. L’une et l’autre lui faisaient directement parvenir leurs bulletins trimestriels de notes par blogs. Un vrai ménage de blogueurs !