Acte 6
Les promoteurs du ginkgo prétendaient offrir d’extraordinaires perspectives contre la démence sénile et de nombreux troubles du cerveau.
A une époque où se posait avec acuité le problème de l’augmentation de l’espérance de vie, cumulé à celui des retraites, le ginkgo représentait donc un immense levier de pression auprès des gouvernements pour qu’ils accordent tout le crédit souhaitable et le financement nécessaire aux recherches sur les possibilités thérapeutiques offertes par cette plante miraculeuse. Dans leur majorité, ces subsides étaient reversés au gouvernement angloy.
Ce circuit bien huilé où lobbying permanent, propagande intense -démultipliée par les medias de l’omnipotent Robert Merdoche- et appel à la charité internationale pour une cause universelle, contribuaient puissamment aux visées impérialistes de l’empire AAA. Les sempiternels gémissements de ses émissaires, habiles à présenter l’Empire comme l’incontournable rempart à la montée du terrorisme international en accomplissant quelques raids dévastateurs pour couper les têtes pensantes de ce dernier, obtenaient plus qu’une oreille attentive de la plupart des gouvernements occidentaux : une manne régulière quasi-inépuisable.
C’est ainsi que l’Onu ne pouvait plus rien refuser à cet Empire qui bafouait tragiquement les droits de l’homme, maintenait en esclavage une grande partie de la population qu’elle avait colonisée et grignotait chaque jour davantage le territoire de son voisin. Celui-ci n’en pouvait mais tant il était devenu une sorte de république bananière ingouvernable.
Aucun des grands hommes, tous plus providentiels les uns que les autres qui se succédaient à sa tête, n’avait pu fédérer les diverses tendances qui se ramifiaient en courants divers et variés, ni faire taire les dissensions, les querelles et les oppositions des coqs de village qui se disputaient la moindre parcelle de pouvoir sous l’éclairage compatissant des médias.
En outre, le ginkgo offrait la perspective d’une régénérescence de la sexualité à nulle autre pareille. Les dirigeants angloys en faisaient semble-t-il une consommation effrénée. Celle-ci expliquait les exploits de l’un de leurs plus vieux leaders qui se vantait d’avoir séduit 80 maîtresses en un été. L’une d’entre elles avait déclaré devant les medias médusés, d’habitude muselés, que cet homme-là de plus de soixante dix ans avait les performances d’un jeune homme. La donzelle se déclarait épuisée par une nuit sardanapalesque où son couvert avait été remis une douzaine de fois alors que le bougre avait encore faim au petit matin…
à suivre ...
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