24 avril 2006

Si chères, nos biles...

« Alors Piffuit ça boume ?

- J’espère bien que non !

- Ah bon pourquoi dis-tu ça, tu es malade, tu as attrapé le H5N1 ?

- Rassure toi, je vais bien

- Alors que se passe-t-il ?

- Je me fais de la bile..

- Ah bon,  pourquoi?

- Tu sais que c’est l’anniversaire de Tchernobyl ?

- Oui et alors c’est du passé : 20 ans déjà, le danger est fini !

- Pas du tout!  Il  nous reste encore 490 000 ans avant que le magma radioactif sous la centrale ait perdu son pouvoir nocif et ça peut boumer, comme tu dis, à tout instant !

- Ah bon ?

- Oui, le premier sarcophage qui  sert de couvercle est en train de se dégrader tous les jours davantage . Nous sommes toujours à la merci d’une seconde explosion, cent fois plus terrible que la seconde, sans compter les infiltrations  de la radioactivité dans la nappe phréatique qui alimente en eau la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie...

- Oui mais c’est loin!

- Admettons ! Alors si tu veux parler de plus près nous avons en France aussi une centrale prête à faire boum…

- Mais tu exagères encore, il n’y a aucune info dans les media…

- Evidemment c’est la grande force de la publigande : silence radio sur les informations sensibles. En 86, le nuage de Tchernobyl avait sagement  contourné la France avec la caution des scientifiques et du pouvoir en place. Rien que pour l’URSS le coût de Tchernobyl s’est élevé à 16 milliards de dollars de l’époque et 500 000 liquidateurs ont été contaminés, morts en sursis…

- Ouais, çà c’est vrai, à ce tarif, il y a de quoi se faire de la bile !

- Oui : ils nous ont pris pour des billes.

- Mais, chez nous, mon cher Piffuit nous sommes à l’abri. Allez va te coucher et fais de beaux rêves

- Pas si sûr..

- Bon, OK,  rentres at home, tu m’expliqueras cela demain…"

(….à Suivre)

29 mars 2006

BNB ou PNB ?

Piffuit_jesuis

Voici des nouvelles de Piffuitt, grâce John Saul dont le dernier opus La Mort de la globalisation nous apprend que le Bhoutan est plus intéressé à mesurer le BNB que le PNB


Plusieurs questions se posent alors ?



D’abord où est le Bhoutan ? Prenez le périphérique et l’autoroute du sud...

  Première à gauche et c’est tout droit vers l’est. Je crois.

Si vous tournez à droite, par contre, je suis certain que vous débarquez sur une plage de l’Atlantique Et là je vous le  garantis, ya pas de Bhoutan. On aimerait sans doute bouter les étrangers dehors car l’Aquitaine  (si, si, impérieusement, c’est bordé par l’Atlantique !) par exemple, a gagné 500 000 habitants en 5 ans. Des intrus qui donnent même pas à manger aux mouettes.


Je m’éloigne du sujet ? Pas du tout. Les Aquitains ont justement la même priorité que les Bhoutanais : le BNB.

Deuxième question : c’est quoi le BNB ? Je vous demande, moi,  à toi, Piffuitt, ce qu’est le PNB ? Bon, alors un peu de patience. D’abord le PNB mesure la richesse d’un  pays, généralement en dollars, ce billet vert-de-gris tout crasseux qui rappelle une autre époque de colonisation pour un Empire qui devait durer Mille ans.


Donc au Bhoutan, juste au pied de l’Himalaya, un paysan dans son champ n’apporte rien au PNB de son pays . Oui, ça va, Piffuit, tu m’énerves : le PNB c’est le Produit National Brut : tu es bien avancé maintenant de savoir à quoi correspond le sigle ! Le PIB : Produit Intérieur Brut,  ce qui reste en moyenne dans les poches quand chacun a sué sang  et eau pour faire du bizness dans un cycle infernal : métro-boulot-zappo-dodo.


Or donc,  un paysan du Bhoutan qui sort de son champ pour aller s‘établir, poussé par son gouvernement qui lui confisque ses terres pour construire des usines Hi-tec, échoue  dans un bidonville : les bidons sont vides, ya pas d’eau. Même chose en Chine aussi, c’est vrai, mais restons amis avec Pékin, surtout pour un canard, s’il ne veut pas devenir laquais…… 


Or donc, disais-je, si un touriste boute-en-train fait gagner à ce Bhoutanais un dollar, eh bien, là, ce dollar compte pour le la croissance de la richesse nationale et le PNB du Bhoutan augmente ! Le mec du Bhoutan est plus pauvre qu’avant car il crève la dalle puisqu’il n’a plus son champ pour le nourrir ni aucun travail, mais le pays est plus riche selon les statistiques !


En fait c’est une comptabilité occidentale (onusienne) évidemment qui fait le calcul.. Imaginez ce qui reste, en net,  à notre paysan du Bhoutan quand le gouvernement retranche de son dollar brut tous les frais de fonctionnement, les taxes et les impôts…….


Alors le roi du Bhoutan a eu une idée géniale : « Evaluons  notre richesse nationale en BNB » ! En effet, avec une police bien rodée à écouter la population, il est facile de faire dire à notre ami le paysan du Bhoutan qu’il est heureux . Il rend grâce tous les matins à son roi et à tous les dieux du Bhoutan qui le protègent et lui procurent une sérénité sans égale.


Il dit alors (et répète plusieurs fois pour que la mesure soit valable) aux galonnés qui l’interrogent : « Je suis heureux ! » et il se prosterne en remerciant les dieux et son roi….

Au Bhoutan,  le BNB est donc la mesure du Bonheur National Brut.


Pour les Aquitains, la douceur de vivre (les palombes, la mer, les cèpes, les truffes, l’entrecôte et le soleil,  pas une once de neige cet hiver sauf dans les stations ad hoc, pas de roi non plus depuis le mari d’Aliénor, roi d’Angleterre : les suivants ne comptent pas, c’étaient  des François, des étrangers venus d’ailleurs ) les place en faut de l’échelle du BNB .


En ce qui  concerne Piffuit, mon canard sérénissime,  il se  contente de se situer  à bonne hauteur sur l’échelle du BIN : le Bonheur Individuel Net, et tant pis pour la place de la France dans le monde en termes de PIB ou de PNB .


Pour faire bonne  mesure, j’allais rajouter un  zeste de zen à cette définition quand, horreur ! je m’aperçus que mon indicateur BINZ allait se confondre avec BIZNESS !.C’est pas bon pour mon canard, çà !…

25 mars 2006

Je, (200)7 & Match!

Dominique, en vrai maquignon, a profité de son statut de N°1 pour recevoir sur un terrain tout spécialement conçu pour lui, à Matignon..

Il  vient de servir  un ace .

Il n’a même pas eu besoin de monter au filet : la partie était pliée.

Il sait pourtant que sa balle est déclarée « faute » par le Club des Cinq .

Mais il s’empresse de faire une déclaration à la presse accompagné du p’tit Lolo, son porte baise-en-ville,  béat d’admiration. Voici, en exclusivité, l’essentiel de ses propos :.

« Moi, je suis très content , tout se passe bien, j’ai bien joué et je continue cette Consternante  Partie d’Embrouilles avec le Club des Cinq .

Nous avons trouvé un objectif commun : mon avenir dans la compétition.

Demain (aujourd’hui, samedi, NDLR) j’ai tiré au sort les plus petits et je vais en faire une bouchée, ils ne sont pas de taille. Je crois même qu'ils vont se dégonfler et je vais gagner par forfait. Moi, j’ai affronté G.W.B chez lui à New-York et j’ai obtenu un super match à Bagdad grâce à mon lob.

Auparavant toute ma carrière a été construite avec un super-entraîneur. Pensez donc : dix ans pendant JC. On arrivait à se faire six mille balles par jour, rien qu’en frais de bouche. J’avais quelques beaux restes à l’époque. J’ai donc été entraîné avec des balles qui étaient de vrais caviars.

Tous ces matchs me font un excellent entraînement, mais ces sparring partners  ne sont décidément  pas à ma hauteur.

En plus les jeunes sont à peine issus des qualifications, la plupart sont tout juste sortis de leurs bacs à sable,  les autres n’ont pas leur bac et ne l’auront jamais. Leurs déclarations à la presse, en balbutiant et ânonnant,  cassent leur image et renforcent la mienne. Tout va bien.

Le Club des Cinq n’a rien vu venir et ils ont un service trop mou pour m’inquiéter. Je monte au filet, je smashe et j’envoie quelques balles en or dans les tribunes pour récompenser les agriculteurs, quelques autres en argent  pour les éleveurs de volailles.  Quant aux seniors, ils sont tous acquis à ma cause . Avec eux je joue petit bras, tout en souplesse.

Quand une balle égarée par l’adversaire casse une vitrine ou défonce une voiture, le match devient à sens unique. Plus les adversaires du jour sont coriaces, plus je m’aguerris pour remporter le tournoi.

Car le vrai match c’est la finale avec Nicolas. Les  escort boys  casqués de mon pote de la sécurité sont pris entre  deux feux -si j’ose dire- :  s’ ils cognent trop fort, Nicolas se met à dos les étudiants et leurs parents ; s’ils  laissent faire les casseurs,  mon pote se met à dos tous les autres qui ne veulent pas voir leurs bagnoles brûlées et leurs biens saccagés.

Et qui porte le chapeau ? Le petit Nicolas pardi ! Pas facile de gagner un match quand vous êtes hué par la foule. Ca me rappelle un match en Indochine. Nicolas est dans  la cuvette : je vais le pilonner de balles avec mon coup droit qui va le mettre à la peine. Quand il aura bien mariné, j’ai un bon lift à gauche aussi.

Et après, en 2007, quand je serai champion,  je tire la chasse d’eau !  Si c’était de la pétanque, je dirais qu’il embrasse Fanny !

Donc je joue dans un fauteuil.

Reste à jouer au fond du court en relançant, patiemment.

Je sais faire, ils se lasseront avant moi. »

23 mars 2006

Des mots crasse i

Le terme  "démocratie" mérite de mettre  le point sur le i de ce gros mot . Pour le Wall Street Journal, la France montre « les derniers symptômes d’une démocratie malade ».

La dernière période  où ce  mot était employé à tout propos et hors de propos, c’était le temps où les SMM  (Staline, Marx et Mao) régnaient en maîtres absolus d’une pensée unique sur leur monde. Quand chacun d’eux, et leurs émules, ouvraient la bouche des mots crasse irruptaient de leur bouche comme des volcans libidineux. C’est bien pour cela que dans les facs de socio  à l’époque, le sujet d’examen  favori était « Freud et Marx ».

L’histoire de ce mot vaut donc d’être contée. .

Il était une fois… dans la Grèce antique, une cité heureuse, Thèbes, berceau de la DEMOCRATIE.

Dans cette cité où tous étaient « libres et égaux » se rencontraient  trois catégories  d’individus : les mâles adultes étaient « citoyens » et avaient droit de vote.

Les esclaves capturés pendant les innombrables guerres provoquées par cette cité démocratique étaient asservis aux tâches les plus dures et n’avaient bien évidemment pas le droit de vote.

Quant aux femmes, elles devaient se contenter de vaquer entre les lits et les fourneaux.

Essayez de trouver une seule autrice grecque !

Les mâles élisaient leurs représentants pour manager et ménager la ville.

Ils étaient au nombre de 28 et s’appelaient avec fierté les TYRANS.

Ces tyrans étaient tellement démocratiques, tolérants et ouverts que l’expression fut bâillonnée et les critiques déchus de leurs droits civiques, asservis à leur tour ou supprimés. Pour parler en public et critiquer cette société avancée que tous les manuels (sans e-) nous vantent,  certains citoyens inventèrent la catharsis, jeu de rôle à l’ancienne qui permit de mettre en scène de façon théâtrale la vie, les amours et les soucis  de cette cité exemplaire.

Mais le doute subsistait dans les têtes, et comme -de plus- les femmes n’avaient pas droit à cette libération par la parole, les joueurs mirent des masques sur le visage, autant pour interpréter différents personnages que pour ne pas être reconnus par leurs gentils tyrans et se retrouver ad patres. Le masque en latin se dit persona.

Et voilà comment notre personnalité se construit : à base de faux semblants et de tricherie. Quant à ce terme dont tout le monde se gargarise actuellement pour justifier la répression de la parole d’autrui, démocratie rime en fait plus avec hypocrisie pour les (h)uns, autocratie pour les vils,  rassis pour les nostalgiques d’un ordre nouveau à l’antique, voire avec crash pour  les adeptes des mots trash (hic) qui virent au tragique… qu’avec partage, respect, écoute et consensus pour tous ceux qui voudraient faire entendre leur voix et concourir à une cité harmonieuse où chacun obtient la place qu’il mérite (et a la possibilité de mériter) par son talent, ses compétences et ses efforts.

Des mots crasse, yeux pour pleurer la  démocratie, ont donc  besoin d’un sérieux décrassage avant de basculer à nouveau dans le totalitarisme qui se profile à l’horizon 2007, copie de 2001 matinée de 1968 où les voitures incendiées avaient permis à Charles de rafler la mise avec 75% des voix.

Certains connaissent bien l’Histoire de France. Joueraient ils avec le feu ?.

24 février 2006

Publigande(c)

La Publigande ® est l'art et la manière de traiter une information pour influencer le public dans un sens qui convient à imposer une pensée unique.zapette_publigande

Il s'agit donc de reprendre certaines informations colportées par les media pour mettre en évidence d'autres façons de les percevoir, les analyser avec humour et envisager  leurs implications hors de ce cadre totalitaire (... ou pour le moins imposé lorsque sa douce et tendre monopolise la zapette)

Notre but : sensibiliser sur les dérives des media & leur traitement de l'information !