L’enclos de Piffuitt bruisse en ce printemps magnifique des mille bruits de la forêt. Le rouge-gorge s’en donne à cœur joie, et le coucou tonne à se tordre le cou par à coups dans les clairières tandis que les grenouilles coassent à qui mieux mieux, un vrai coasse-tête. Les roucoulades annoncent l’été, cela fait palombe d’un doute…
Dans ce décor, chaque nuit, Piffuitt reçoit la visite des animaux sauvages, sangliers et chevreuils, et certains lui font des confidences. Ainsi, un certain Bambi, bien connu par les petits enfants, lui a livré ses secrets en technicolor.
Les chevreuils ont envahi les forets françaises et leur nombre croit à grande vitesse à telle enseigne que des milliers d’accidents, soldés (c’est du hard discount) par autant de morts, se produisent chaque année, au grand dam des assureurs qui ne peuvent faire casquer quiconque, même pas les associations de chasseurs qui sont théoriquement responsables.
Des équipes de scientifiques se sont penchées sur le problème sans succès. Les juristes invoquent le Code Civil de 1802, enfant de Napoléon toujours d’actualité puisque même le premier ministre s’en inspire encore avec le succès que l’on connaît.
Or un animal sauvage est déclaré par le dit (gi) code : res nullus ! (chose inexistante). Imaginez quand vous explosez votre belle auto contre une res nullus, vous expliquez à votre conjoint « c’est rien », s’il en réchappe ! Quant à votre assureur, si vous n’êtes pas assuré tous risques, il ne voudra rien savoir : vous avez eu un choc avec… rien !
Or donc, devant ce vide digne de Stephen King voire de son quasi homologue Stephen Hawking, comment expliquer cette hécatombe ?
Piffuit a posé la question à un expert : le fameux Bambi . Celui-ci lui a raconté une étrange histoire.
Ainsi les nuits printanières sont encore longues et très agréables, parfumées et envahies par les multiples senteurs et tentations de la forêt. Les petits frères de Bambi s’ennuient ferme car ils n’ont ni télé, ni tamagochi, ni e-pod, ni la dernière play-mobil ( mais si ! ) ni tous ces gadgets de haute technologie. Alors ils ont trouvé un joujou extra .
Le soir ils désertent le foyer familial et se livrent à un jeu particulier. Ils se postent devant les routes désertes à partir du moment où PPDA occupe les étranges lucarnes de ses nouvelles sinistres de par le monde.
Rares sont les autos en vadrouille à cette heure, ce qui donne à nos chers amis chevreuils tout le temps de les écouter et de les attendre sur des routes parfaitement dégagées alors que les pandores ronflent comme des loirs.
Quand le véhicule arrive à quelque distance, le premier faon, le plus âgé généralement, saute des broussailles pour traverser la route à quelques mètres devant le véhicule.
Le faon regarde toujours droit dans les yeux l’automobiliste qui le découvre à la dernière seconde. Trop tard. L’automobiliste surpris freine ou donne un coup de volant . Idiot, et quand il pleut, la suite est écrite : fatale. Ici gît.. C’est alors que le petit frère du faon aîné saute juste devant le capot du véhicule en perdition.Lui a trop peur pour regarder.
Le jeu consiste à sauter le plus près possible. Si l’automobiliste panique, c’est à ce moment là que l’accident survient. Un pauvre faon est alors pleuré par toute la tribu. Quelquefois l’auto verse dans le fossé ou s’écrase contre un arbre en épargnant la pauvre biche effrayée mais vivante. Alors là, quelle fête ! C’est l’explosion de joie de tout le clan familial (de l’animal, évidemment : comme quoi le malheur des Huns fait le bonheur des vilains)
La nuit suivante le rescapé a le droit de s’élancer le premier : il a gagné son biche deal !
C’était un message de la Prévention Routière , produit par Marquis de Sade®

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