Le Saint Père vient d’essuyer une terrible colère de son mentor qui a déchaîné au dessus de son rendez-vous madrilène le tonnerre de Dieu, à telle enseigne que le Saint Père, un peu perdu comme n’importe quel enfant du bon Dieu qui a volé un pot de confiture du fruit défendu, a dû mettre un genou à terre pour une autre raison que celle qu’il prétextait d’habitude auprès des enfants du Bon Dieu qu’il prenait pour des canards sauvages.
Piffuitt se déclare indigné par de telles pratiques qui réduisent ses congénères en captivité à l’état de canassons sans sucre et de canes à sons sans lumière. Quant à la belle jeunesse du Pape qui faisait fureur au temps de la nuit de cristal, en attendant de faire un four, elle se réjouissait fort dans la contemplation de la voie lactée à la recherche de l’étoile de David et se gaussait des pauvres gosses qui l’arborait comme les damnés diabolisés par une gousse d’ail.
Piffuitt a donc enquêté pour connaître les raisons de ce déchaînement de la fureur divine.
Non ce n’est pas tant de dévoyer le chemin de croix en déambulation pépère en papamobile qui explique les mauvaises grâces dont le Saint père fut l’objet…
Non, ce n’est pas tant la manipulation des consciences pour faire croire à des millions de gamins candides que le monde est un merveilleux paradis où tout le monde il est beau…
Non, ce n’est pas tant d’avoir fermé les yeux sur les pratiques douteuses des bons pères à travers la monde qui répandent leur foi liquide auprès des gamins à coup de goupillon et d’eau bénite d’un nouveau genre…
Non, ce n’est pas tant d’avoir couvert les exactions sur les cinq continents de déments incontinents sous prétexte que "Dieu est avec nous", quel que soit le combat d’arrière garde et quel que soit le camp (de concentration)...
Non, ce n’est pas tant pour avoir adhéré à la jeunesse d’un "Empire qui devait durer mille ans" et s’est achevé dans l’horreur…
Non, ce n’est pas tant pour continuer à vanter des valeurs éculées sans grande valeur à des peuplades reculées …et à des élites autoproclamées qui évitent la rime trop étroite …
Alors pour quoi grands dieux, le tonnerre de l’un d’entre eux a-t-il frappé et le déluge a-t-il empêché une nouvelle forfaiture sous la forme de communions hypocrites qui n’ont pu avoir lieu pour des gamins qui prétendaient se blanchir à bon compte de leur péchés de chair et de noces?…
Eh bien, la réponse est toute simple et d'une évidence aussi biblique que libidineuse : le Saint Père pratique la confession à des fins exclusives. Piffuitt a pu obtenir quelques extraits édifiants dont celui-ci:
« Alors mon fils, je t’écoute…
- Oui Saint Père j’ai beaucoup péché…
- Alors mon fils, dis moi tout
- Saint Père, j’ai honte...
- Tu peux tout me dire mon fils sans omettre aucun détail…
- J’ai péché en pensées…
- Oui, mon fils, soit plus précis: dis moi tout, ce sont les actes qui comptent…
- J’hésite...ce sont des actes graves que j’ai commis...
- Tu as commis, mon fils, l’acte de chair ?
- Euh...
- Dis moi tout sans rien celer, cela te sera compté!
- Non, ce n’est pas cela à quoi vous pensez Saint Père…
- Mais alors mon fils, de quoi s’agit-il ?
- Eh bien Saint Père, j’ai spéculé…
- Ah mon fils, cela m’intéresse : dis-moi tout !
- J’ai spéculé sur les subprimes…
- Très bien, c’est vrai , c’est très laid...
- Oui, j’ai fait mon beurre avec…
- Spéculos spéculorum, ce sont les meilleurs au beurre frais…
- J’ai spéculé sur le Grèce et les dettes souveraines…
- Très bien, rassure-toi il n'y a rien à voir, mon fils, et encore...
- J’ai spéculé contre les Etats et les banques…et je me suis gavé…
- C’est très bien cela mon fils, je te pardonne si ton remords est sincère.
- Oui Saint Père, mais il y a encore plus grave…
- Je t’écoute, pauvre pêcheur…
- Je suis addict à la spéculation et j’ai gagné des milliards et ruiné des millions de gens... J’ai fait fortune comme un cochon…
- Très bien, riche pêcheur, te absolvo… à une condition...
- Oui, laquelle Très Saint Père ?
- Je te le dis tout bas dans le secret de la confession…, tu n’en parleras point ?
- Vous avez ma parole !
- Donne-moi des tuyaux pour que je puisse faire fructifier l’obole du jour.
- Très bien, Saint Père je vous prépare une liste de placements pourris mais sans risque…
- Très bien, mon fils.
- Naturellement Saint Père, je vous fais grâce de ma commission en échange de quelques actions bien grasses de la banque du Vatican...
- C'est d'accord. Te absolvo mon fils. Pour ta peine tu me réciteras dix paters (au foie gras ) et un navet (au caviar).
- Deo gratias !
- Amen !»

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