Piffuitt boit pas, ça l’empêche pas d’avoir de l’alcool ami, même un taux très élevé très tôt le matin.
Ses amis de la forêt voisine viennent le voir dès potron minet. Les minets éméchés par une nuit de bacchanale et les minettes aux mèches dans le visage après une nuitée sardanapalesque s’en donnent à coeur joie. Les amis qu'il racolle le collent pour connaître son secret .
Alors sur les conseils de face de bouc, Piffuitt a décidé de lancer une invitation pour un petit meurtre en amis .
Ouaib, c'est parti!...
Cela a marché sur la tête au-delà de toute désespérance : ils se sont tous précipités plus éméchés les uns que les autres. Certains la mèche sur le front, les autres quoique chauves voulaient aussi rivaliser pour être plus éméchés que les copains velus.
Effectivement ils sont velus, ils ont bien bu, ils ont tué. C’est le bouc émissaire qui a tout pris en pleine face et glou et glou et glou jusqu’au bout de la nuit. Du haut du pont petit patapon :« Regardez les copains ce que je sais faire quand je suis djeun et à jeun ! » .
Et paf sur le pif, même pas peur mais bel et bien mort : le gros rouge ne se distingue plus de la mare de sang qui le contient et s’étale sur le sol pendant que les autres fêtards continuent à hurler, bâfrer et se souler grave. La face de bouc s'est transformée en farce macabre.
« Merci papa, merci maman, adieu les copains .
Surtout vous en faites pas on ne sent rien après la mort, seulement juste avant l’ivresse un immense sentiment de puissance qui autorise enfin à se conduire en dehors de tout interdit, même si ça n'a pas de sens, c'est le sang qui compte sans compter.
Ce permis de vomir emporte le tout à l’égo dans un tourbillon délirant hilarant.
C’est si bon de se péter la gueule avec l’alcool ami, c’est quand même mieux que de rester lucide devant les misères du monde, l’avenir qui se charge de créances douteuses et s'orne d'un chômage garanti… Alors autant s’envoyer en l’air et que, par un prompt renfort, les faces de bouc se retrouvent pléthore en arrivant au port les copains d’abord chargés à bloc.
Même si c’est un porc épic qui pique un peu, après on sent plus rien et vive la vie ! »
César peut être content car, depuis la Rome antique, les rendez-vous macabres des saigneurs de la guerre ne nous laissent pas en paix. Ils nous font boire jusqu’à ce que mort s’ensuive. Au Chemin des Dames les faces de bouc de l’époque, généraux aussi gâteux que leurs pantalons étaient galonnés, avaient envoyé au massacre des centaines de milliers de jeunes gens inconscients du sort qui leur était réservé en rajoutant de l’éther dans leur chopines de gros rouge. Ils étaient morts sans un sourire ni sans savoir pourquoi.
Aujourd’hui ces jeunes rient à gorge déployée et croient savoir pourquoi il ont fait ce choix éthylique dans un monde sans éthique.
Maintenant ce face de bouc imbécile tisse sa toile sans étoile et envoie dans des bitures express aux cocktails explosifs des inconséquents qui auraient probablement intérêt à aller se frotter aux talibans pour se dessaouler vite fait.
Mais il faut bien que jeunesse se passe et que certains trépassent en jouant les jocrisse.
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